‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 3)Chapitre 4 sur 102 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

A vous ces vers, madame ; C'est bien frivole, dame !

Mais je les fis pour vous.

Les chansons et les roses.

Ce sont là de ces choses Qu'on accepte de tous.

C'est un conte d'Espagne, Qu'à travers la campagne, Un soir du mois de mai.

Près de votre charmille, En strophes de Castille J'ai doucement rimé.

Vous trouvca'ez sans doute, Si votre esprit l'écoute,

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Ce poème bien vieux.

Mais je m'en vais vous dire, C'est un dernier sourire A des jours plus heureux.

Ce sont des bagatelles, De poudreuses dentelles, Des haillons éclatants, Des rimes espagnoles, Enfin des choses folles, Des choses de vingt ans !

Mais c'est notre jeunesse.

C'est notre heure d'ivresse ; Et, dans son nom moqueur, Ce Don Juan résume Tous nos rêves de plume, Tous nos rôves de cœur.

Ah ! comme je regrette Ce beau temps du poitc, Où je crois voir cncor,

Tur; POUR UNE ROSE 51

Comme un conte d'Asie,

Passer la Fantaisie

En manteau brodé d'or !

On avait des alcades Alors, — des sérénades.

Des perles et du fard, De belles nuits de joie.

Et des pourpoints de soie Crevés par le poignard !

On avait des gambades, Des sauts, des pasquinades, Des lazzis de tréteau, Mainte et mainte fadaise A faire pâmer d'aise Le Bambocciato !

Autre temps, autre mode ; Hélas ! le conte et l'ode N'ont plus rien que d'urbain.

Pleurons! Adieu, moustaches!

Éperons et panaches, Retournez chez Babin!

Voilà pourquoi, madame. Vous me surprîtes, l'âme Rêveuse, l'autre soir, Devant des castagnettes Sur ma table muettes, Auprès d'un masque noir.

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