‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 3)Chapitre 47 sur 102 · RETOUR DES COURSES · texte numérisé non relu

RETOUR DES COURSES

A belle est dans son panier ;

— Trotte, trotte, ma petite !

Sous le soleil printanier Son cheval l'emporte vite.

Légère comme l'osier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — De Vincenne au vieux quartier Elle a franchi la limite ;

Tandis que, flot moutonnier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — Le Paris palefrenier,

Grelots au vent, lui fait suite!

176 RJ.TOUR DES COURSi;S

Tout le fciubourg ouvrier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — Pour rire et s'extasier, Bruyant, s'aligne et s'agite,

Mais alors sans sourciller,

— Trotte, trotte, ma petite! — A flageller son coursier

Sa main fluette s'excite.

Car maint regard rancunier

— Trotte, trotte, ma petite ! — La poursuit dans son panier.

Qia'est-ce donc qui les irrite?

On ne saurait le nier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — Sa toilette est du dernier

Goût ; sa robe a du mérite.

J'aime à la voir manier

— Trotte, trotte, ma peliul -

RETOUR DES C O U R S i; S 1 77

Ses guides, en écuyer Qui ne bronche ni n'hésite.

Aussi pourquoi, rêve ahier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — Mettre en ce faubourg grossier Une carte de visite?

Vit-on jamais marier

— Trotte, trotte, ma petite ! — A la fleur de l'églantier

La pomme de terre frite?

Un manant très-familier,

— Trotte, trotte, ma petite ! — Soudain vient à s'écrier :

« Excusez ! ma sœur Brigitte ! «

Il sortait de râtelier :

— Trotte, trotte, ma petite! — L'accent de Paulin Ménier N'excuse pas sa conduite.

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