‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 3)Chapitre 68 sur 102 · SOUPER PARISIEN · texte numérisé non relu

SOUPER PARISIEN

Notre grand dix-neuf Est plein comme un œuf.

La température est celle d'Hyères :

Au lieu du ciel bleu,

La bougie en feu.

La bisque a paru : flots incendiaires.

Étang copieux !

Silence pieux!

Puis, viennent alors égayer la nappe

La crevette et nos

Homards-cardinaux.

(Espérons qu'un d'eux sera nommé pape) ;

Et pour compagnons,

Les vins bourguignons.

Superbe et fumant, le filet s'avance,

Monté sur réchaud.

Flanqué d'artichaut.

Que ces perdrix font noble contenance !

O mes cliers amis,

Vivent les salmis !

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Un instant d'arrêt : c'est une volaille ;

Parfum belliqueux !

Sauce Périgueux.

Jules a pâli... « Fallait pas qu'y aille! »

Au garçon futé

Blanche dit : « Un thé. »

Les cailles bientôt jusque dans l'assiette

Ont l'air de crier

Qu'il faudra payer.

On voit s'avancer truffe à la serviette,

Cèpes, céleri...

Vénus a souri !

Pour finir la fête, une armée entière

De fruits, de parfaits.

De fromages faits.

Général en chef à la tête altière,

Le vin de Clicquot

Fait tripler l'écot.

Les pères alors accourent en foule; Et leurs appétits

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Ne sont pas petits, Car c'est chez Brébant que leur nuit s'écoule. Endroit bien choisi; Messieurs, allez -y!

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