‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 122 sur 179 · DIALOGUE NATURALISTE · texte numérisé non relu

DIALOGUE NATURALISTE

« V-yN est un honnête ouvrier,

« Pas vrai, Jule? — Oui, ma vieille branche.

« — Et, quand on trime h l'atelier,

« On peut bien licher le dimanche.

<i — Je te crois ! — Ça ne fait de mal « A personne, vois-tu bien, Jule,

« Et ça raffermit le moral

« — Surtout pendant la canicule.

« — A ta santé! — Rudement bon, « L'clixir dont ma coupe est teinte!

u II remettrait un moribond.

« Où cela pousse-t-il l'absinthe? »

Alors l'autre ivrogne, étouffant :

„ — Chez moi... dans mon village, en Suisse.,

u Où ma femme et mon cher enfant

« Soûl enterres... Dieu les bénisse 1

(( Pauvre Jeanne! pauvre Parfait!

(Son ami respecte sa plainte.) « Verse à boir*e! » Puis, il se tait, Et ses pleurs battent son absinthe.

fê8*

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