SARA AUX BAINS DE MER
Sara, belle d indolence, Se balance...
Victor Hugo.
Oara, c'est la vieille garde
Qu'on regarde Avec des étonnements; La ruine qu'on admire,
La Palmyre, La Thèbe aux grands ossements.
Et chaque fois qu'elle passe
Dans l'espace, Les tambours font : rataplan !
Chacun se dit à l'oreille
La merveille :
Elle a connu Roqueplan !
Combien de vieux imbéciles,
Cœurs faciles, Aux dîners de Taillandier;
SAFiA AUX BAINS DE MER 299
Combien de gommeux précoces
Dans leurs cosses On la vit incendier!
Elle a vu tous les rivages
Peu sauvages, Et mouillé dans plus d'un port ; Elle a vu, la vieille cane,
Nice et Canne, Même Saint-Jean-Pied-de-Port
Aujourd'hui, nouveau caprice
Se hérisse Dans cet esprit mal armé; Et, quoique sa coterie
Se récrie.
Elle part pour Paramé.
Elle emporte douze malles,
Cathédrales, Toutes pleines de gros riens; Une tente, un parapluie
Qui se plie, Avec quatre petits chiens.
Elle arbore pour coiffure
Sur sa hure Un grand béret vermillon; Ce qui fait que cette gouge
Toute rouge A des airs de papillon.