‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 152 sur 179 · EXCELSIOR · texte numérisé non relu

EXCELSIOR

l-A nuit tombait sur un village, Dans les Alpes; il était tard, Lorsqu'un jeune homme au front sauvage Passa, portant cet étendard :

Excelsior !

Son œil étincelait, étrange, Comme l'acier d'un glaive nu.

Comme le clairon d'un archange, Sonnait son langage inconnu :

Excelsior !

Il voyait les feux de famille Chauds et clairs au fond des logis; Mais vers les pics où l'éclair brille Il allait, répétant ses cris :

Excelsior !

excelsior! 3o3

« Ne dépassez pas notre porte î »

Disait un vieillard suppliant; « Restez! car la tempête est forte! »

La voix répétait en montant :

Excelsior l

« Restez! » disait la jeune fille; « Dans mes mains posez votre front; « Attendez que l'aube scintille... »

Mais toujours la voix de clairon :

Excelsior I

Le lendemain, avant l'aurore, Les moines du couvent voisin Entendirent dans l'air sonore Comme un cri suprême et lointain :

Excelsior !

Un voyageur, au pied d'un arbre, Par leurs chiens fut trouvé bientôt.

11 tenait dans ses doigts de marbre L'étendard où luisait ce mot :

Excelsior !

Sur les monts que le soleil dore Il rêvait son rêve éternel, Et, comme tombe un météore, Tomba ce cri du haut du ciel :

Excelsior !

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