AUTRES DJINNS
Mais je résiste ; Combien c'est beau!
Je brave Egisthe (Lisez Gibeau).
Débat nocturne :
Je rêve d'urne Et de cothurne Et de flambeau !
Viennet, moins malade.
D'un bond hors du lit, Saute chez Taillade, A qui Latour lit Une tragédie, Beaucoup trop hardie Pour être applaudie...
Legouvé pâlit.
Mais à moi, que m'importe Princesses et tyrans !
J'entends battre à ma porte Et s'accroître leur rang ; Comptant sur mon silence, A la main une lance, Arbogaste s'élance Avec vingt mille Francs !
Eff'aré, je les regarde Par mes rideaux dérangés...
Ah mais! non! A la garde!
Trop de confidents rangés !
AUTRES liJINNS 333
Trop d'Arcas et trop cl'Arbate, De Phénix, de Miihridate, De Corasmin, d'OronJate!
Trop de gardes aftiigcs !
C'est fini! les voilà tous maîtres De mon logement profané, Et le bruit de leurs hexamètres Monte à mon plafond consterné.
C'est Lekain sorti de sa fosse, Talma récitant du Lafosse, Et Saint-Aulaire a la voix fausse, Et Fonta qui parlait du nez.
Cris de l'enfer! bacchanale classique!
Grands bras, grands vers, noble al^rutissement î Lambeau de pourpre et plumes de cacique! Fers, feux, mortels et tout le tremblement! Fureur d'Achille et délire d'Oreste!
Dieux attestés et colère céleste!
Rideaux de lit, casques, glaive funeste, Vous m'ennuyez majestueusement !
O Victor! si de leurs parades Ta grande ombre peut me sauver.
J'apprendrai toutes les tirades Qu'à vingt-cinq ans tu sus trouver.
Et dont Cornélie, avec âme, Aussitôt qu'elle les déclame, Fait circuler l'ardente Hamme Au cerveau prompt h s'aviver !