‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 22 sur 179 · LE PARESSEUX · texte numérisé non relu

LE PARESSEUX

OD

L'ouvrier dont la tâche est faite; Sourit aux siens d'un air doux; De sa femme il penche la tète, Il prend l'enfant sur ses genoux.

Sueurs du front, gloires de Tame !

Hélas! je ne suis pas de ceux Qui savent nourrir une femme.

Laissez passer un paresseux !

Adieu ! je ne suis pas des vôtres, Je n'ai pas d'outils dans les mains; De mes stériles patenôtres Je fatigue en vain les chemins.

Errant, j'ai laissé passer l'heure, Poursuivant un métier chanceux.

Aimez, travaillez, moi je pleure ; Laissez passer un paresseux.

Allons, remettons-nous en route, Puisqu'aucun bonheur ne m'est dû.

Tout dans cette nuit qui m'écoute Dit à mon regret : Temps perdu !

Honte sur moi si je succombe!

Ces gens, ils peuvent mourir, eux.

Mais moi, je volerais ma tombe!...

Laissez partir un paresseux.

Ecrit dans un faubourg de Nantes.

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