‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 34 sur 179 · LE GODIVEAU · texte numérisé non relu

LE GODIVEAU

VcUAND j'étais tout petit, j'aimais les godiveaux, Où, modeste traiteur, souvent tu te révèles. A présent que je vais aux recettes nouvelles, f^^t que mon appétit vole aux gibiers nouveaux.

Je me souviens. Malgré grives et bartavelles, Je regrette le temps où, fou de maniveaux, Je dévorais la croûte où nageaient les cervelles Et les crêtes de coq, avec les ris de veaux.

Ces godiveaux, orgueil des bourgeoises familles, Etaient en ce temps-là pareils à des bastilles; La salle s'imprégnait de leurs puissants parfums;

Et, jeune ame déjà conquise à la cuisine,

J'oubliais de presser le pied de ma cousine.

— Et je pleure en songeant aux godiveaux défunts.

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