I 14 CONTE DE CARNAVAL
Sur la nappe aux effluves blanches Il se couche, souple et fluet, Et ses bras dans ses longues manches Exécutent le moulinet.
Bientôt les plats aux plats succèdent; Lesquels? je ne sais; les meilleurs!
Où sont les vertus qui ne cèdent Devant la truffe et les primeurs ?
Le Pierrot avait le vin tendre; Il veut se jeter à genoux.
• Mais l'Écossaise, sans l'entendre,
Demande : <■< — Quel âge avez-vous ? »
« — Que t'importe, reine des brunes, Pourquoi me railler, farfadet?
J'ai vingt-deux ans, viennent les prunes, Les prunes d'Alphonse Daudet.
Laisse là tes mines hautaines, Et viens, papillon voltigeant.
Jusqu'au jour noyer tes antennes Dans le Champagne tapageant!
« Buvons! h toi, fille d'Ecosse !
Vierge rayée, a tes appas !
Cesse de me trouver précoce, Héritière des Mac Douglas !
C'est toi que mon œil dans ses rêves Cherchait du haut des belvéders.
Dame du lac ou fée aux grèves, Descendante des highlanders ! >•