LE CHARBONNIER
Uans ses contes en vers, un jour, Voltaire osa Mettre une grande dame entre les bras d'un rustre; C'était un charbonnier; et sur la lèvre illustre La lèvre roturière un instant se posa.
C'était pour les beautés paresseuses et fières
Que Voltaire écrivait ce conte croustillant.
Je m'en suis souvenu, madame, en vous voyant
Seule, triste, moqueuse, et sans flamme aux paupières.
Perdre ainsi sa jeunesse est un crime ù Paris. Dites, que faites-vous de toute votre grâce? Vous n'avez pas vécu, vous êtes déjà lasse; Sortez de votre ennui, sortez-en à tout prix.
N'avez-vous pas, dans l'ombre où votre spleen s'étale, Rencontré quelquefois un regard éclatant? J'ai l'amour et la force, et la sève brutale. Je suis le charbonnier que votre cœur attend.