FACTION NOCTURNE
J-E vent, sur les remparts épais, Caresse mon front et le baise. O le joli petit vent frais, Favorable au guerrier obèse !
Blafarde dans les grands cieux gris, La lune argenté avec mystère Des files d'hommes aguerris, Gardant des sacoches de terre.
Un chassepot entre les mains, L'œil interrogeant la distance, Je songe à des temps plus humains, Je repasse mon existence.
O beaux jours, vite évapores!
Jours d'inconsciente jeunesse'.
l50 SIÈGE DE PARIS
Que ne vous ai-je savourés Avec une plus lente ivresse !
Hélas! et maintenant holà!
Dire que j'ai (rage infernale !) Passé ma vie à railler la Digne garde nationale !
Jadis, les voyant s'emboîter, Bombés, sous l'épaulette blanche, M'aurais-je jamais pu douter Qu'ainsi je serais un dimanche?
O châtiment du fanfaron !
Avoir fait mon plaisir unique De me moquer du ceinturon, Et finir dans une tunique !
« Qui vive ? Avance au rallîment !
u Caporal, venez !... » — Oh ! quel style! N'importe! allons-y noblement :
Homme autrefois doux, sois utile!
Janvier 1871.
SIFGE DE PARIS l5l