V-^'est ici l'endroit adoré des pères
C'est ici, le soir,
Qu'ils viennent s'asseoir.
Savez-vous, parmi les riches repaires,
Un lieu mieux choisi?
Messieurs! allez-y!
Minuit va sonner, « heure solennelle ». Comme dit Adam En un hymne ardent.
Une belle nuit pour la tour de Nesle!
Notre grand dix-neuf Est plein comme un œuf.
La température est celle d'Hyères :
Au lieu du ciel bleu, La bougie en feu.
SOUPER PARISIEN l55
La bisque a paru : flots incendiaires, Etang copieux !
Silence pieux!
Puis, viennent alors égayer la nappe,
La crevette et nos
Homards-cardinaux Espérons qu'un d'eux sera nommé pape):
Et pour compagnons,
Les vins bourguignons.
Superbe et fumant, le filet s'avance,
Monté sur récliaud,
Flanqué d'artichaut.
Que ces perdrix font noble contenance!
O mes chers amis,
Vivent les salmis !
Un instant d'arrêt : c'est une volaille;
Parfum belliqueux !
Sauce Périgueux.
Jules a pâli... « Fallait pas qu'y aille ! »
Au garçon futé
Blanche dit : « Un thé ! »
Les cailles bientôt jusque dans l'assiette
Ont l'air de crier
Qu'il fiiudra payer.
On voit s'avancer truffe à la serviette,
Cèpes, céleri...
Vénus a souri !
l56 SOUPER PARISIEN
Pour finir la fête, une armée entière
De fruits, de parfaits,
De fromages faits. ,
Général en chef à la tête altière.
Le vin de Clicquot
Fait tripler l'écot.
Les pères alors accourent en foule;
Et leurs appétits
Ne sont pas petits, Car c'est chez Brébant que leur nuit s'écoule,
Endroit bien choisi;
Messieurs, allez-y !
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