‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 87 sur 179 · IMPRESSION · texte numérisé non relu

IMPRESSION

i-E flot montait. Au loin l'Océan moutonnait; Au bord, sa grande voix monotone tonnait. Les vagues, s'écroulant comme des avalanches, Se ruaient sur la plage en folles nappes blanches Et crachaient leur colère au sonore galet; Si bien que l'Océan terrible me semblait — Aboyant à ce point d'en attraper un rhume — Un énorme caniche aux frisures d'écume.

LE TREPORT

i-A mer pendant la nuit, C'est de l'encre et du bruit.

C'est une bouche horrible Ouvrant sur l'invisible.

Au loin naît un sanglot Qui domine le flot,

Une plainte infinie Comme dans l'agonie.

Ce sanglot prolongé Vicnt-il d'un naufragé?

Non; des Océanides

Ce sont les chants perfides.

17^ CHRONrQ.UE DE LA MER

Leur nombre va croissant :

Elles sont d'abord cent,

Puis deux cents, et puis mille, Sur le gouffre mobile.

Se tenant par la main, Sous le ciel inhumain,

Elles font une ronde

A demi-corps dans l'onde ;

Leurs cheveux déroulés A des fleurs sont mêlés;

Leurs froids visages pâles Ont des lueurs d'opales;

Et toutes, sans remord, Elles chantent la mort.

Mais l'ombre s'en rit, l'ombre Engloutira leur nombre!

La mer pendant la nuit, C'est de l'encre et du bruit.

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