‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 89 sur 179 · QUAND ON FUT TOUJOURS VERTUEUX · texte numérisé non relu

QUAND ON FUT TOUJOURS VERTUEUX

v>'est un rêve que j'ai poursuivi vainement, D'apercevoir un jour ces fameux doigts de rose De l'Aurore, appelant la rime : « Fraîche éclose», Alors qu'elle ouvre les volets du firmament.

Toujours quelque souper à mon désir s'oppose;

Si ce n'est un souper, c'est tantôt autre chose;

Et, depuis vingt-cinq ans, caprice combattu,

(Le proverbe dit vrai qui dit : « ... et Dieu dispose! »)

L'Aurore à mes rideaux a vainement battu

Pour voir à son lever assister ma vertu.

TREMOUSSETTE

1 RÉMOussETTE cst mignonnc; C'est là l'essentiel.

Je veux de sa personne Essayer un pastel.

Trémoussette a cet âge Que l'on avoue encor, Signé par le visage, Approuvé par le corps.

Trémoussette à des ondes De cheveux éclatants.

D'où vient donc que les blondes Font songer au printemps ?

Trémoussette est rieuse, Parce qu'elle a des dents;

184 TRÉMOUSSETTE

Et c'est une farceuse A vous mettre dedans.

Trémoussette est gourmande; C'est son moindre défaut.

Souvent je me demande :

— Que fit-elle au temps chaud?

Trémoussette est altière, Gomme le sont toujours Ces filles de portière En robe de velours.

Trémoussette est mauvaise Et n'enferme en son sein, Sous la dentelle anglaise, Que le cœur d'un gamin.

Trémoussette était née Pour un sort plus heureux.

Parfois sa destinée Lui met des pleurs aux yeux.

— Bah! lui dit son Emile, On peut être heureux sans Avoir sur soi des mille, Des mille avec des cents !

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