‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 94 sur 179 · LE MARDI GRAS EN FAMILLE · texte numérisé non relu

LE MARDI GRAS EN FAMILLE

Jr ouR la rendre plus belle et surtout plus complète,

Une invisible main s'est mise de la fête ;

Voilà pourquoi les fleurs, les bonbons, les joujoux,

Ont ruisselé parmi les enfants aux yeux doux.

Vive le mardi gras! — Et ce fut un délire,

De jolis bras tendus vers les bébés en cire,

Les trompettes, les chars, les bateleurs mouvants:

Des stupeurs vis-à-vis des animaux savants.

Les exclamations allaient, entrecoupées,

Des pantins à ressort aux superbes poupées.

Or, entre maint jouet dont j'ignore le nom,

Etienne avait reçu, pour sa part, un canon, —

Tout petit, il est vrai, mais un c-anon, en somme.

Ce qu'ayant vu, passant par là, monsieur Prudhomme

LE MARDI GRAS EN FAMILLE u/i

Dit avec cette voix d'un volume important Qui paraît empruntée au perroquet content : « Oui, c'est ainsi qu'il faut, en dépit des alarmes, « Exercer nos enfants au noble jeu des armes! » Il n'avait pas fini d'expectorer ces mots, Que j'écartai du bras ma bande de marmots, Et, dans un mouvement h comprendre facile, Je jetai le jouet au nez de l'imbécile !

Page 1