‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 102 sur 133 · OU JE VAIS · texte numérisé non relu

OU JE VAIS

Où je vaisr' Le hasard me guide.

Où j'irai.^ Dieu seul le saie bien.

Où je suis? Sur la grève aride.

Ce que j'y fais? Je n'en sais rien.

Mais dans ce singulier voyage

Au but inconnu^ sans retour...

Si le bon Dieu, pour tout bagage,

Laissait à chacim, fol ou sage,

Ce qui vaut mieux que tout, l'amour ;

Où j'irais, c'est vers sa demeure; Où j'irais, c'est à ses genoux ; D'où je suis j'écouterais l'heure Toujours lente du rendez-vous.

Mon âme reprendrait courage...

A nous, qui passons chaque jour, Si le bon Dieu, pour tout bagage.

Laissait à chacun, fol ou sage, Ce qui vaut mieux que tout, l'amour ;

Je dirais : Vogue la galère!

Car j'aurais l'espoir & la foi.

Me voici suivant la chimère Qui toujours se moque de moi.

Et pourtant mon esprit voyage D'un rêve à l'autre, tour à tour...

Si le bon Dieu, pour tout bagage, Laissait à chacun, fol ou sage.

Ce qui vaut mieux que tout, l'amour

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