‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 106 sur 133 · VENEZ VENDANGER · texte numérisé non relu

VENEZ VENDANGER

(( Venez vendanger Si votre cœur esc en peine, Venez vendanger

Madeleine, Venez vendanger.

Vous êtes toute morose Et nous fuyez , mais pourtant Ici nous vous aimons tant!

Vous nous cachez quelque chose.

Venez, &c.

Allons, belle vigneronne, Allons, prenez vos paniers.

Suivons les ménétriers Dont le chant gaîment résonne.

Venez, &c.

Les blés ont jonché nos granges; Les ceps sont noirs de raisins ; Venez, comme nos voisins, A la fête des vendanges.

Venez, &c.

Pourquoi rester solitaire, Dites, belle, qu'avez- vous .^

Venez, venez avec nous, Et puissions-nous vous distraire !

Venez, &c.

— Vous voulez savoir la cause , La cause de ma douleur !

J'ai frappé chez le bonheur Et j'ai trouvé porte close. — Venez, &c.

— Nous refrapperons, qu'importe!

Le bonheur nous ouvrira.

S'il résiste, on lui fera Sauter les gonds de sa porte.

Venez, &c.

— Oh! ma peine est trop profonde.

Plus de gaîté désormais;

J'ai perdu ce que j'aimais, Tout ce que j'aimais au monde. — Venez , &c.

— Vous avez perdu, ma belle.

Ce qui se retrouvera;

Le bon Dieu vous enverra Un autre amant plus fidèle.

Venez, &c.

— Non! La cause est plus amère.

Et plus cruel est mon sort.

Laissez-moi pleurer la mort

De mon enfant! J'étais mère.

— Venez vendanger

Si votre cœur est en peine, Venez vendanger,

Madeleine , ^'enez vendanger. »

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