‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 32 sur 133 · L'ORPHELINE · texte numérisé non relu

L'ORPHELINE

Si j'étais la chevrette blanche Qui passe, une clochette au cou,

Chaque dimanche

Lorsque je couds...

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts!

Je me souviens d'une montagne Où je restais, voici longtemps,

A la campagne

Dans le printemps...

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts!

Au pied d'une haute muraille, Du soleil je n'ai qu'un reflet,

Quand je travaille

A mon ourlet.

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe Et les forées !

L'oiseau qui descend, me console Dans la cour humide où je suis.

Alors qu'il vole

Auprès du puics.

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts!

Depuis six ans... toute l'année, Et toute seule en un coin noir,

Chaque journée

Et chaque soir...

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts!

Comme la petite chevretce, Si je pouvais aller aux champs

Où l'alouette

Redit ses chants!

Quel temps superbe!

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts!

Madame ne veut pas qu'(Hi sorte, Et je n'aurai que dans trois ans, Avec la porte ,

La clef des champs.

Quel temps superbe!

Comme j'irais Courir dans l'herbe Et les forêts!

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