‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 59 sur 133 · LE SAULE · texte numérisé non relu

LE SAULE

Pourquoi regarder toujours l'onde r* Pourquoi tant d'amére douleur?

N'as-tu plus d'espoir en ce monde, Saule pleureur?

Que cherches-tu dans la rivière, As-tu perdu quelqu'un ici?

A comprendre ta peine amére Je cherche aussi.

Saule éploré, je t'en conjure.

Révèle-moi ce grand secret...

Mais je n'entends que ton murmure Plein de regret.

Etes-vous , fleurs pleines de larmes , Et vous, saules ainsi penchés, Comme sous de magiques charmes Des cœurs cachés?

Si notre âme au ciel monte & chante.

Quand nous dormons du grand sommeil ; Si le corps devient arbre ou plante Sous le soleil ;

Si toute chose est transformée, Peut-être qu'à ce même endroit Quelqu'un mourut sans bien-aiméc.

Et saule il croît!

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