‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 71 sur 133 · PIERRE · texte numérisé non relu

PIERRE

Je croyais Pierrette à la ville, Quand nous nous sommes rencontrés ; Moi, j'allais au bois; elle, aux prés.

Je restai debout, immobile...

C'était par un jour de printemps :

Ah! quel beau jour & quel beau temps!

Elle avait son gentil corsage.

Sa robe rouge & ses bas blancs.

Elle s'avançait à pas lents.

En regardant notre village.

C'était par un jour de printemps :

Ah! quel beau jour et quel beau temps!

Je n'osais ni pleurer ni rire,

Car je l'aimais de tout mon cœur ;

Mais une fille, par bonheur,

A toujours quelque chose à dire.

C'était par un jour de printemps :

Ah ! quel beau jour & quel beau temps!

Elle me dit : Mon pauvre Pierre, J'arrive... Je lui dis : Tant mieux!

En l'embrassant sur les deux yeux.

Tout resplendissait de lumière!...

C'était par un jour de printemps :

Ah ! quel beau jour & quel beau temps !

Alors, en marchant tout prés d'elle Tout doucement, tout doucement, J'osai lui dire en ce moment : Comment ça va, mademoiselle.^..

C'était par un jour de printemps:

Ah ! quel beau jour & quel beau temps !

Je ne veux rien vous faire accroire :

En passant tous deux par les bois ,

Je l'embrassai six autres fois;

Et voilà toute mon histoire.

C'était par un jour de printemps.

Ah ! quel beau jour & quel beau temps !

Nous nous sommes mis en ménage,

Et le temps accroît nos amours.

Je rends grâce à Dieu, tous les jours.

D'avoir béni mon mariage.

C'était par un jour de printemps :

Ah! quel beau jour & quel beau temps!

tpo

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