‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 77 sur 133 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

Grands arbres, dont l'ombre autrefois Abrita mes jeunes années, Lorsque je passe & vous revois Après autant d'heures sonnées...

Quand j'entends vos bruissements Sous vos coupoles de verdures, Arbres , tous mes gémissements Se mêlent à tous vos murmures.

^'ignes & champs qui m'entourez , Je reviens des plages lointaines.

Maisons, jardins, cours d'eaux & prés, Petits sentiers & grandes plaines, Où sont-ils ceux-là que j'aimais :■ .

Leurs traces sont même effacées...

Je ne les reverrai jamais Qu'aux doux reflets de mes pensées.

Alors que sur les gazons verts

Elle passait, mignonne & rose,

Ses grands yeux étaient entr'ouverts,

Sa petite bouche mi-close.

Ah! comme il est loin le beau temps

Où je l'attendais au passage !

Nos amours, comme le printemps, Rayonnaient sur ce paysage.

Grands arbres, bois, vignes & prés, Quand l'ombre de la nuit commence.

Brumeux sous le,s cieux empourprés, \^ous chantez un cantique immense.

C'est alors que devant mes yeux Défilent les ombres discrètes De ceux qui m'aimaient en ces lieux Et dont les tombes sont muettes.

Allons ! éloignons les chagrins ; A quoi bon s'attrister sans cesse?

La tristesse Est la mère des maux humains.

Eh ! mieux vaut un chant d'alouette Qui, planant sur les blés, nous jette Dans les airs ses joyeux refrains

Page 1