RETOUR
Grands arbres, dont l'ombre autrefois Abrita mes jeunes années, Lorsque je passe & vous revois Après autant d'heures sonnées...
Quand j'entends vos bruissements Sous vos coupoles de verdures, Arbres , tous mes gémissements Se mêlent à tous vos murmures.
^'ignes & champs qui m'entourez , Je reviens des plages lointaines.
Maisons, jardins, cours d'eaux & prés, Petits sentiers & grandes plaines, Où sont-ils ceux-là que j'aimais :■ .
Leurs traces sont même effacées...
Je ne les reverrai jamais Qu'aux doux reflets de mes pensées.
Alors que sur les gazons verts
Elle passait, mignonne & rose,
Ses grands yeux étaient entr'ouverts,
Sa petite bouche mi-close.
Ah! comme il est loin le beau temps
Où je l'attendais au passage !
Nos amours, comme le printemps, Rayonnaient sur ce paysage.
Grands arbres, bois, vignes & prés, Quand l'ombre de la nuit commence.
Brumeux sous le,s cieux empourprés, \^ous chantez un cantique immense.
C'est alors que devant mes yeux Défilent les ombres discrètes De ceux qui m'aimaient en ces lieux Et dont les tombes sont muettes.
Allons ! éloignons les chagrins ; A quoi bon s'attrister sans cesse?
La tristesse Est la mère des maux humains.
Eh ! mieux vaut un chant d'alouette Qui, planant sur les blés, nous jette Dans les airs ses joyeux refrains