‹ Les Poésies de Germain Colin Bucher, [poète] angevinChapitre 19 sur 31 · CCLXXIII · texte numérisé non relu

CCLXXIII

De celluy qui retint mes gaiges a Malte

Cy gist frère Jean Boniface, Yillain de faict, sang, corps et face, Myeulx resemblant une tonace, Que le roy n'est noble de race.

Prions Dieu que pardon luy face, Car il est dampne sans sa grâce !

GCLXXIV De feu noble Jacques de Bernay, chanoyne d'Angiers

Si le ciel ha de nous ravoir envye.

Et Jesus-Christ en sa promesse est vray, Comme elle est vraye, et de son sang pleuye, Ne regrettons point Jacques de Bernay,

Car son ame est, par foy, si hault ravye, En charité, plus espese que fray.

Qu'il a trouve vérité, voye et vie.

Et maintenant il hait ce mondain bray.

Heureux celuy que Dieu tyre et convye Et faict mourir et vivre en si beau ray I

Du feu esleu d'Estiau

Cy gist le corps de maistre Jean Bernard, Le bon esleu, le seigneur d'Estiau, L'esprit a Dieu de noz pleurs se départ Lasse beaucoup du terrestre fardeau.

Et les valeurs dont il eut si grand part Es cueurs du peuple ont leur digne tombeau, Pensons d'aller, après luy, tost ou tard : Qui bien y pense, il en craint moins le mau.

Du prothonotaire de Piedouault

Cy dessoubz gist René de Piedouault.

Voulez vous plus : soing, peine, espoir, amour, Dont lung et l'aultre il entreprit si hault, Qu'il en mourut longtemps avant son jour Dieu luy pardoint ! Ce seul mot plus luy vault Que les regrets ny plainctes a l'entour.

CGLXXYII

Regret de feu Hélye [de Tinteniac] abbe de Saint-Aulbin ^

Il n'y a point de remède, il est mort ! Conformons nous au bon vouloir de Dieu, Et de luy seul attendons reconfort.

Si contre mort regretz avoient adveu, Assez n'avons de pleurs pour ung tel sort. Mais il suffist qu'il eut grâce en tout lieu Et que de luy n'y a plaincte ny tort. Car qui bien vit, la Mort Iny vient a jeu.

Page 1