‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 15 sur 78 · L'OREILLER D'UNE PETITE FILLE · texte numérisé non relu

L'OREILLER D'UNE PETITE FILLE

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tète, Plein de plume choisie, et blanc ! et fait pour moi, Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête, Cher petit oreiller, que je dors bien sur loi!

Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mire, Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir; Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère ! Maman, douce maman ! cela me fait gémir.

Et quand j'ai prié Dieu pour tous ces petits anges Qui n'ont pas d'oreiller, moi, j'embrasse le mien. Seule, dans mon doux nid qu'à (es pieds tu m'arranges, Je te bénis, ma mère, et je touche le tien!

Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première De l'aube au rideau bleu ; c'est si gai de la voir ! Je vais dire tout bas ma plus tendre prière ; Donne encore un baiser, douce maman ! Bonsoir!

Dieu des enfants 1 le cœur d'une petite fille, Plein de prière, écoute, est ici sous mes mains : On me parle toujours d'orphelins sans famille : Dans l'avenir, mon Dieu, ne fais plus d'orphelins !

Laisse descendre au soir un ange qui pardonne, Pour répondre à des voix que l'on entend gémir ; Mets sous l'enfant perdu, que sa mère abandonne, Un petit oreiller qui le fera dormir !

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