‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 28 sur 78 · UN ARC DE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

UN ARC DE TRIOMPHE

Tout ce qu'ont dit les hirondelles Sur le colossal monument, C'est que c'était à cause d'elles Qu'on élevait ce bâtiment.

Leur nid s'y pose si tranquille, Si près des grands chemins du jour, Qu'elles ont pris ce champ d'asile Pour causer d'affaire ou d'amour.

En hâte, à cette énorme portée Parmi tous ces morts triomphants, Sans façon Phirondelle apporte Un grain de chanvre à ses enfants.

Dans le casque de la Victoire, L'une, heureuse, a couvé ses œufs, Qui, tout ignorants de l'histoire, Eclosent, fiers comme chez eux.

Voulez-vous lire au fond des gloires Dont le marbre est tout recouvert ?

Mille doux cris à têtes noires Sortent du grand livre entr'ouvert.

La plus mince qui rentre en France Dit aux oiseaux de l'étranger :

c Venez voir notre nid immense, Nous avons de quoi vous loger.

Car dans leurs plaines de nuages, Les canons ne s'entendent pas Plus que si les hommes bien sages Riaient et s'entr'aimaient en bas.

La guerre est un cri de cigale Pour l'oiseau qui monte chez Dieu; Et le héros que rien n'égale N'est vu qu'à peine en si haut lieu.

Voilà pourquoi les hirondelles, A Taise dans ce bâtiment, Disent que c'est à cause d'elles Que Dieu fit faire un monumeutl

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