LE PÈLERIN
Ouvrez, ouvrez! Frères, voici l'orage!
Sur votre seuil mon corps frissonne au vent. Je suis bien las : j'ai fait un long voyage! J'ai fui le siècle, ouvrez- moi le couvent! Du fol amour repoussant l'esclavage , Pour mon repos je veux l'amour divin ; Ouvrez, de grâce, ouvrez au pèlerin!
206 JACQUES -HENRI CALLIES.
Le cœur de Thomme est un étrange abîme , Le monde entier ne le comblerait pas ; Ce qu'il reçoit, hormis T amour sublime. Ce qu'il reçoit le creuse encor plus bas. Du fol amour, éternelle victime , Pour mon repos je veux l'amour divin ; Ouvrez, de grâce, ouvrez au pèlerin !
Sous les arceaux du cloître solitaire.
L'homme à Dieu seul vouant sa liberté Ne voit -il pas renaître, à sa prière, Son innocence et sa félicité ?...
Du fol amour, au loin la coupe amère!
Pour mon repos je veux l'amour divin ; Ouvrez, de grâce, ouvrez au pèlerin!
La porte s'ouvre... ah! déjà je respire Un air venu du séjour éternel ; Mon âme échappe à l'infernal empire , Et mes désirs s'élancent vers le ciel.
Du fol amour j'ai connu le délire...
Pour mon repos je veux l'amour divin ; Qu'il soit béni, le Dieu du pèlerin !
JACQUES -HENRI CALLIES. 207