AUGUSTE BARBIER
Henri-Aup;uste Barbier naquit à Paris le 29 avril 1805, et mouut à Nice Ij 13 février 1882. Fils d'un avoué, il fut élève du ycée Henri IV, puis suivit les cours de l'Ecole de droit. La ré- '^olution do 1830 fit de ce Parisien un porto, le poète le plus ludacieux, le plus satirique qu'on ait entendu depuis Agrippa l'Aubigné. Il venait d'avoir vingt-cinq ans et n'avait écrit que {uelques vers et un médiocre roman. Les Mauvais Garçons Paris, Urbain Canel, 1830, 2 vol. in-12), en collaboration avec Uphonse Royer. « Quand il vit, dit-on, après les « Trois gloieuses », la bande d'afTamés d'honneurs et do places qui se liaient sur les débris du vieux trône, à la suite du nouveau oi, tons plus soucieux de leurs appétits que de la France et le la liberté, sa verve s'alluma. » Il lit paraître dans la Revue le Paris son premier 'ïambe, La Curée. Tout à coup son nom levint illustre. Un an après, cet ïambe s'était fait légion; au ieu d'un seul on en avait un volume, dont Sainte-Beuve salua a brûlante éclosion. A La Curée succédaient La Popularité, 'Jldole, virulente apostrophe antinapoléonienne, Le Dante, }utitre-ving-t-treize, etc., dix véhémentes satires réunies sous ;e titre générique ïambes (Paris, Bounaire, 1831, et U. Canel et juyot, 1832, in-8°). Barbier était loin quand parut ce recueil. Il j'en était allé par delà les Alpes, à P'iorence, à Rome, à Venise^ )Our renouveler son inspiration. II revint avec une œuvre déliîieuse, // Pianto, c'est-à-dire la plainte (Paris, U. Canel, 1833, a-8o), qui, jointe aux pages de la première heure et à Lazare, loème réalisé après un séjour en Angleterre, ont formé ce nouveau livre, ïambes et Poèmes (Paris, Masgana, 1833, in-18), tant le fois réimprimé'. Pour ce dernier bouquet, écrit Edouard ^'ournier, la moisson n'était pas épuisée. Elle fut abondante, le ioète n'ayant jamais renoncé aux ressources de sa muse; mais ille ne lui valut pas des heures de gloire semblables à celles lu début. Auguste Barbier fit montre par la suite d'un talent iincère et dune rare conscience d'artiste, sans rien de plus. U
1. Voyez : Satires et Poèmes, Paris, Bonnaire, 1837, in-8% etc.
donna plusieurs volumes de vers : Nouvelles Satires (Paris, Mnsgana, 1840, in-S») ; Chants civils et religieux (ibid., 1841, in-8»); Rimes héroïques {ihid., 1843, in-18): lUmes légères, chansons et odelettes (ibid., 1851, in-18); Satire et chants (Paris, Masgana, 1853, ia-18) ; Silvcs (Favis, Dentu, 18G5, in-18): Satires (Paris, Dentu, 1865. in-18); Silves, rimes légères (ibid., 1872, ia-18); deux recueils de nouvelles : Trois Passions (ibid., 1868, in-18); Contes du soir (ibid., 1879. in-18); des Histoires de voyage, 1830- 1812 (ibid., 1880, in-12): des traductions Aa Decamerond-a Boccacio (Paris, 1840, in-4«); de Jules César de Shakespeare (ibid., 1848 et 1855, in-18); de La Chanson du vieux marin, de Coleridgc (ibid., 1877, in-folio); enfin, en collaboration avec Léon de Wailly, le poème dramatique de Benvenuto Ccllini (musique de Berlioz), qui fut représenté sur la scène de lOpéra, le 10 septembre 1878. Divers ouvrages posthumes de Barbier : Chez les Poètes, etc. (Paris, Dentu, 1882, in-8»); Souvenirs personnels et silhouettes contemporaines (ibid., 1883. iri-18); Œuvres posthumes, etc. (ibid., 1883-1889, 4 vol. in-18) : Poésies posthumes (Paris, Lemerre, 1884, in-16), ont été publiés par ses exécuteurs testamentaires, Auguste Lacaussade et Ed. Grenier.
Bibliographie. — Sainte-Beuve, Po/-<r. contemporains. II, Souvenirs et indiscrétions, etc. — Planche, Portr. littér., II. — Baudelaire, L'Art romantique. — Th. Gautier, Portr. contempor. — II. de Bonnières, Mémoires d'aujourd'hui, 1885. — J. Barbey dAurevilly, Les Œuvres et les Hommes, Les Poètes, XI, Paris, Lemerre, 1889, etc.