‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 115 sur 393 · La terre, Bubject of était · texte numérisé non relu

La terre, Bubject of était

Ï40 tBS PORTES FRANÇAIS.

Comme dormait Jacob, 1 comme dormait Judith, 2 Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ; Or, la porte du ciel s* étant entre-bâillée Au-dessus de sa tête* un songe en descendit

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu. Une race y montait comme une longue chaîne ; Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l'âme :

" Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt? lVe chiffre de mes ans a passé quatre-vingt, Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

Vieux, on tremble ainsi qu'à 3 l'hiver le bouleau ;

Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, Et je courbe, 6 mon Dieu ! mon âme vers la tombe, Comme un bœuf ayant soif penche son front vers Peau."

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase, Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés, 1> cèdre ne sent pas une rose à sa base, Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Buth, une Moabite,* S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,

1. Jacob, an allusion to Jacob's vision; see Genesis, chap. XXYI1I, ver. 10 and following.

S. Judith, a well known character in the Roman Catholic Bible. 3. Aurai qu'a, ainsi que pendant. i. Moabite, an Arabian trlbe that lived in South-East Palestine.

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