‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 136 sur 393 · CE QUE DISENT LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

CE QUE DISENT LES HIRONDELLES

Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis !

On voit s'ouvrir les fleurs que garde I<e jardin, pour dernier trésor :

Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or.

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La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules :

Voici V hiver, voici le froid !

Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart !

" Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes 1 du Parthénon.* Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon."

L'autre : "J'ai ma petite chambre

A Smyrne, 8 au plafond d'un café.

Les Hadjis* comptent leurs grains d'ambre

Sur le seuil, d'un rayon chauffé.

"J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Ht parmi des flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs."

Celle-ci : "J'habite un triglyphe* Au fronton d'un temple à Balbeck.

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