‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 196 sur 393 · EPIPHANIE · texte numérisé non relu

EPIPHANIE

Elle passe, tranquille, en un rêve divin.

Sur les bords les plus frais de tes lacs, ô Norvège !

I^e sang rose et subtil qui dore son col 3 fin

Est doux comme un rayon de l'aube sur la neige.

Au murmure indécis du frêne et du bouleau, Dans l'étincellement et le charme de l'heure, Elle va, reflétée au pâle azur de l'eau Qu'un vol silencieux de papillons effleure.

Quand un souffle 4 furtif glisse en ses cheveux blonds, Une cendre 5 ineffable inonde son épaule ; Et de leur transparence argentant leurs cils longs, Ses yeux ont la couleur d'une belle nuit du Pôle.

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