‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 20 sur 393 · LA CHUTE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

LA CHUTE DES FEUILLES

De la dépouille de nos bois,

1/ automne avait jonché la terre;

Le bocage était sans mystère,

Le rossignol était sans voix.

Triste et mourant, à son aurore, 1

Un jeune malade, à pas lents,

Parcourait une fois encore

Le bois cher à ses premiers ans :

" Bois que j'aime ! adieu... je succombe;

Ton deuil m'avertit de mon sort ;

Et dans chaque feuille qui tombe,

Je vois un présage de mort.

Fatal oracle d'Épidaure, 2 Tu m'as dit : Les feuilles des bois A tes yeux jauniront encore, Mais c'est pour la dernière fois.

L'éternel cyprès t'environne ; Plus pâle que la pâle automne, Tu t'inclines vers le tombeau.

Ta jeunesse sera flétrie Avant l'herbe de la prairie, Avant les pampres du coteau !...

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