‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 221 sur 393 · VIEUX DÉCORS · texte numérisé non relu

VIEUX DÉCORS

Sous le ciel de Paris, brumeux, froid et grisâtre, Une longue voiture à hauts compartiments, Funèbre de lenteur comme aux enterrements, Traîne en plein boulevard nos toiles de théâtre.

Ce sont d'anciens décors de drame ou d'opéra Dont les foules, jadis, furent émerveillées ! .Chypre, Jérusalem, un faubourg de Péra,* Des villes d'Orient toutes ensoleillées.

C'est l'auberge sinistre, aux lisières d'un bois, Sous de vieux ormes noirs, dans une grande combe, 3 Où deux chemins, déserts qui se coupent en croix, Disent au voyageur ; " Choisis, car la nuit tombe. "

Ou bien un château clair et de blancs escaliers, Dans le paisible et beau pays de la Touraine :* On y voit d'élégants et courtois chevaliers Sourire au petit page ému qui suit la reine.

Ces antiques décors, lamentables débris Dont les feux de Bengale 5 ont noirci la peinture, Alcazars démodés ou de vieille structure, Palais vénitiens craquelés ou flétris,

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