‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 247 sur 393 · MATINÉE D'OCTOBRE · texte numérisé non relu

MATINÉE D'OCTOBRE

Au loin blanchit déjà la lueur matinale.

Les cieux vers le couchant sont encore étoiles Les coteaux endormis et de brume voilés Frissonnent doucement sous leur robe automnale.

Les coqs chantent, pareils à de joyeux clairons ; Un âne brait, un bœuf mugit, la terre grise S'éveille lentement au souffle de la brise.

Par les chemins montants viennent les vignerons.

Dans le creux d'un vallon un basset implacable Jette aux échos troublés quelques brusques abois. Un air plus frais descend de la cime des bois Et court tout imprégné des senteurs de retable.

La nuit a cependant replié son décor,

L'horizon s'illumine en accusant sa forme,

Et le soleil paraît avec son disque énorme,

Traînant comme un manteau de pourpre à franges d'or.

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