‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 252 sur 393 · MA/SON FERMÉE · texte numérisé non relu

MA/SON FERMÉE

Un jour que je passais par là, J'aperçus la maison fermée — L,a maison que j ' avais ai mée, Et soudain mon cœur se troubla.

Mon regard de pleurs se voila ; Par les sentiers bordés de lierres, Je vis des ombres familières S'enfuir, comme j'arrivais là!

Et je m'écriai : — Nous voilà Bien seuls tous deux, maison fermée !

Et pas un filet de fumée Du gai foyer ne me parla.

Que n'avais-je pas jeté là D'amour, d'espérance ingénue?

Maison muettte, maison nue, Tu sais comme tout s'envola f

276 tES POfcTÈi FRANÇAIS.

Tu n'as pas oublié cela :

L'oubli n'est qu'une chose humaine. . • .

Si quelque hasard me ramène,

Ah ! teste comme te voilà !

Logis où mon cœur s'enivra, Ne sois pas une auberge neuve !

Laisse-moi croire, ô maison veuve, Qu'on voyage, — et qu'on reviendra.

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