‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 263 sur 393 · S. PRUDHOMME · texte numérisé non relu

S. PRUDHOMME

La grotte où le poète écoute ce qu'il' sent,

Et la source qui pleure un éternel absent,

Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule

En silence tombée effleure son épaule.

Tantôt il pousse au large, 1 et, loin du bois obscur,

Superbe, gouvernant 2 du côté de Pazur,

Il choisit, pour fêter sa grandeur qu'il admire,

La place éblouissante où le soleil se mire.

Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,

A l'heure où toute forme est un spectre confus,

Où l'horizon brunit rayé d'un long trait rouge,

Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,

Que les rainettes 3 font dans l'air serein leur bruit

Et que la luciole au clair de la lune luit,

L* oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète

La splendeur d'une nuit lactée et violette,

Comme un vase d'argent parmi les diamants,

Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.

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