‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 268 sur 393 · A VRIL · texte numérisé non relu

A VRIL

Oh ! le doux mois d'avril, le mois des gais murmures Que dans les grands bois verts font les petits oiseaux; 1 Le mois où l'herbe pousse, où les fraises sont mûres, Où le pré fleuri cause avec les clairs ruisseaux.

Le mois qui fait rêver la pâle fiancée, Lorsqu'elle vient, pensive, à son balcon s'asseoir; Un chant voltige alors sur sa lèvre oppressée, Triste comme un soupir et doux comme un espoir.

Le mois qui fait trembler les belles amoureuses,

Lorsqu'au jardin, dans l'ombre, elles s'en vont sans

[bruit j

Lorsqu'elles ont baissé leurs paupières peureuses

Qui laissent voir encor deux astres 2 dans la nuit.

Oh ! le mois des lilas, des fleurs fraîches écloses, Des rossignols plaintifs et des merles nicqueurs ; Le mois, le mois paisible où s'entr' ouvrent les roses, Le mois, le mois charmant où s' en tr' ouvrent les cœurs.

1. Oisbaux, construe ; que les petits oiseaux font dans les grands bois verts,

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