‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 279 sur 393 · LE RHYTME DES VAGUES · texte numérisé non relu

LE RHYTME DES VAGUES

J'étais assis devant la mer sur le galet Sous un ciel clair, les flots d'un azur violet, Après s'être gonflés en accourant* du large, Comme un homme accable d'un fardeau s'en décharge, Se brisaient devant moi, rhythmés et successifs. J'observais ces paquets de mer 1 lourds et massifs Qui marquaient d'un hourrah leurs chutes régulières Et puis se retiraient en râlant sur les pierres ; Et ce bruit m'enivrait ; et, pour écouter mieux, Je me voilai la face et je fermai les yeux,.

Alors, en entendant les lames sur la grève \ Bouillonner. et courir, et toujours, et sans trêve

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P2 , , LES POETES I^ANÇAîé.

$' écrouler en faisant ce fracas cadencé, Moi, l'humble observateur du rhythme, j'ai pensé Qu'il 1 doit être en effet une chose sacrée, Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée, N ,2 a tiré du néant ces moyens musicaux, Ces faiaïs£è aux rocs creusés pour les échos, Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages, Incessamment heurtés et roulés sur les plages Par la vague, pendant tant de milliers d'hivers, Que pour que l'Océan nous récitât des vers.

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