A UN AMI
Lorsque, du ciel léger chassant les Hirondelles, L'automne en frissonnant ramène les longs soirs, La grand* ville 1 reçoit nos deux têtes fidèles Que parfuma la fleur des sauvages terroirs.
1. La grand'villb, Paris. Note the mue. adj. before a fem. nom»; Il if m rtBUMfit of the latin accusatlve.
3^4 tÈS POÈTES FRANÇAIS.
Un logis nous attend dans quelque rue, aimée Des prêtres, des vieillards, des chats et des savants. Vers nos fenêtres monte une jaune ramée.
Nous entendons tinter les cloches des couvents.
Nos têtes, tout le jour sur la tâche 1 inclinées, S'appliquent en silence à des pensers nouveaux ; Car ta vie et la mienne, en nos jeunes années, Sont deux lampes brûlant sur de calmes travaux- Fatigués vers le soir de la plume et du livre, Dans le proche jardin nous errons bien souvent ; Toujours surpris de vivre et de regarder vivre, Nous jetons de vains mots emportés par le vent..
Un avare soleil de novembre s'incline Et chasse les enfants, et les jeux et les cris. Seul l'occident revêt une teinte opaline ; Le cygne du bassin vogue sous un ciel gris.
Et nous montons, ami, sur les belles terrasses. Là, des couples troublés viennent s'entretenir Sous le marbre 2 où revit, fleur des anciennes races, Quelque dame de France au plaisant souvenir.