LE VIEUX POMMIER
Le pommier décrépit se penche vers le sol, Sous le fardeau des fruits et le poids des années ; Il prodigue son ombre aux frêles graminées Et couvre le fossé d'un large parasol.
Les oiseaux picoreurs, 1 arrêtés dans leur vol, 1/ emplissent de tapage aux 2 claires matinées, Concert et gazouillis de notes mutinées, Où chaque moineau-franc se croit un rossignol.
Mousses d'argent, pierrots, 8 pommes d'or et mésanges, Vie, abondance, espoir, amour, joyeux mélanges ! Dans ton écrasement, pommier, ne te plains pas.
L'honneur est assez grand, si la charge est trop forte.
J'entends le vent d'aval 4 qui murmure tout bas :
"Courage, vieux lutteur, la vigne est bientôt morte ! " ' (Aux Champs, — /S86.)