‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 349 sur 393 · LE VIEUX POMMIER · texte numérisé non relu

LE VIEUX POMMIER

Le pommier décrépit se penche vers le sol, Sous le fardeau des fruits et le poids des années ; Il prodigue son ombre aux frêles graminées Et couvre le fossé d'un large parasol.

Les oiseaux picoreurs, 1 arrêtés dans leur vol, 1/ emplissent de tapage aux 2 claires matinées, Concert et gazouillis de notes mutinées, Où chaque moineau-franc se croit un rossignol.

Mousses d'argent, pierrots, 8 pommes d'or et mésanges, Vie, abondance, espoir, amour, joyeux mélanges ! Dans ton écrasement, pommier, ne te plains pas.

L'honneur est assez grand, si la charge est trop forte.

J'entends le vent d'aval 4 qui murmure tout bas :

"Courage, vieux lutteur, la vigne est bientôt morte ! " ' (Aux Champs, — /S86.)

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