‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 351 sur 393 · PRODIGALITÉ · texte numérisé non relu

PRODIGALITÉ

Le petit mendiant, pieds nus, 1 suit son chemin ; De village en village il va tendre la main, 3 Traînant à ses côtés son bâton et sa miche, 8 Car le rare passant d'aumône est assez chiche. 4 Devenu forcément philosophe et rêveur, Il marche d'un pas lent dans Pair plein de saveur, 5 Écoutant les oiseaux qui se cherchent querelle. Comme il est fatigué, près d'une passerelle Il s'assied. Devant lui, des canards fendent l'eau, Tout en donnant la chasse au moindre vermisseau. Alors, cassant son pain, lentement, miette à miette, Au milieu de leurs rangs empressés il le jette. Et ce déshérité prodigue et généreux, Se donne le plaisir de faire des heureux.

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