‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 47 sur 393 · I. tfilfts LiaitrttRô, the royal famlly · texte numérisé non relu

I. tfilfts LiaitrttRô, the royal famlly

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54 tKS PORTES FRANÇAIS.

Tes yeux d'une autre pourpre * aimaient à s'enivrer. Comme un soldat debout qui veille sous ses armes, Tu vis de la beauté le sourire et les larmes, Sans sourire et sans soupirer.

Tu n'aimais que le bruit du fer, le cri d'alarmes, 1/ éclat resplendissant de l'aube sur les armes; Et ta main ne flattait que ton léger coursier. Quand les flots ondoyants de sa pâle crinière Sillonnaient comme un vent la sanglante poussière, Et que ses pieds brisaient l'acier.

Tu grandis sans plaisir, tu tombas sans murmure. Rien d'humain ne battait sous ton épaisse armure : Sans haine et sans amour tu vivais pour penser. Comme l'aigle 2 régnant dans un ciel -solitaire, Tu n'avais qu'un regard pour mesurer la terre, Et des serres pour l'embrasser.

S'élancer d'un seul bond au char de la victoire ; Foudroyer l'univers des splendeurs de sa gloîre : Fouler d'un même pied des tribuns et des roîs ; Forger un joug trempé dans l'amour et la haine, Et faire frissonner sous le frein qui l'enchaîne Un peuple échappé de ses lois ;

Être d'un siècle entier la pensée et la vie; Émousser le poignard, décourager l'envie;

1. Pourprk, is used as a synonym to power, and the poet make* a «ompariioa between the color of claret-wine and the hue of Impérial garmenta. 1. Aiolb, the eagle was the emblem adopted by Napoléon h

Ébranler, raffermir l'univers incertain ; Aux sinistres clartés de ta foudre qui gronde, Vingt fois contre les dieux jouer le sort du monde, Quel rêve ! ! ! et ce fut ton destin ! ! !

Tu tombas cependant de ce sublime faîte :

Sur ce rocher désert jeté par la tempête, Tu vis tes ennemis déchirer ton manteau ; Et le sort, ce seul dieu qu'adora ton audace, Pour dernière faveur t'accorda cet espace Entre le trône et le tombeau.

Oh ! qui m'aurait donné 1 d'y sonder ta pensée, Lorsque le souvenir de ta grandeur passée Venait, comme un remords, t' assaillir loin du bruit, Et que, les bras croisés sur ta large poitrine, Sur ton front chauve et nu que la pensée incline, L'horreur passait comme la nuit !

Tel qu'un pasteur debout sur la rive profonde Voit son ombre de loin se prolonger sur l'onde Et du fleuve orageux suivre en flottant le cours ; Tel, du sommet désert de la grandeur suprême, Dans l'ombre du passé te recherchant toi-même, Tu rappelais tes anciens jours.

Ils passaient devant toi comme des flots sublimes Dont l'œil voit sur les mers étinceler les cimes :

1. Qpi m'aurait donnk, a v«ry unusual way of expreising a doubt This phras* ntaml» for : Si quelqu'un m'avait donné.

Ton oreille écoutait leur bruit harmonieux ; Et, d'un reflet de gloire éclairant ton visage, Chaque flot t'apportait une brillante image Que tu suivais longtemps des yeux.

Là, sur un pont 1 tremblant tu défiais la foudre ; Là, du désert 2 sacré tu réveillais la poudre ; Ton coursier frissonnait dans les eaux du Jourdain ; Là, tes pas abaissaient une cime 3 escarpée ; Là, tu changeais en sceptre une invincible épée. Ici... Mais quel effroi soudain !

Pourquoi détournes-tu ta paupière éperdue ?

D'où vient cette pâleur sur ton front répandue ? Qu'as-tu vu tout à coup dans l'horreur du passé? Est-ce de vingt cités la ruine fumante, Ou du sang des humains quelque plaine écumante? Mais la gloire a tout effacé .

La gloire efface tout., tout, excepté le crime 4 ! Mais son doigt me montrait le corps d'une victime, Un jeune homme, un héros d'un sang pur inondé, Le flot qui l'apportait passait, passait sans cesse ; Et toujours en passant la vague vengeresse Lui jetait le nom de Condé.

1. Pont, an allusion to the bridge of Arcola in Italy where a fleroe battle waa fonght in 1796 and where Bonaparte acted heroically.

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