‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 82 sur 393 · LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS

Notre maison hier était pleine d'enfants,

C'était le jour des prix. 1 Joyeux et triomphants,

Dans leur petit jargon ils célébraient la fête

Et. faisaient un tapage à nous casser la tête :

Et moi, je me disais, à leurs ébats bruyants,

Quand donc finirez- vous, implacables enfants?

Ils ont fini ; ce soir, par la nouvelle allée,

Comme un essaim d'oiseaux leur troupe est envolée ;

Ils sont partis enfin ; tout est calme, tout dort ;

Plus de jeux, plus de bruit ; mais,hélas ! c'est la mort.

Aimons le mouvement ; les enfants, c'est la vie :

Aimons leurs jeux, leurs cris, et portons-leur envie ;

Ils sont meilleurs que nous ; leur âge est innocent,

Et dans leur jeune veine il bouillonne du sang.

Ne les attristons pas par des conseils moroses ;

Ils verront assez tôt le grand revers des choses.

En attendant le jour que garde l'avenir,

Avec eux, sans orgueil, aimons à rajeunir :

Devant eux est le monde, et devant eux la vie,

Qui toujours de devoirs doit être bien remplie ;

Car, aux mains des mortels, c'est un vase d'airain

Où le vide 2 souvent pèse plus que le plein.

1. Lu jour des prix, the day on which books are giYen to the best students at t'.ie end of the school year.

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