A MADAME L. C
RELIGIEUSE DE LONttCHAMPS
Billet.
On m'a dit, illustre vestale, Que j ai part à votre pitié ;
çpi'à plus de 8G ans. Œuvres principales : Noci. borguignons de Gui Barozai (1720) : Ménagiana (1715) -, Remarques sur le jugements des Savants (de Baillet) : Observations sur Cyn balum Mundi et sur les contes de Bonnventure Desperriers . Remarques sur le Poggtaria (de Lenfant) ; une Préface et des Notes sur les Facétieuses nuits de Straparole ; des Poesic* françaises, etc..
CHOIX DK POESIES
C'esl votre sœur qui m'en régale:
Je la dois à votre amitié.
Cette occupation m'honore
Et triomphe de ma douleur.
Oui, si je me plaignais encore, Je mériterais mon malheur.
Quoique l'atteinte en soit profonde, Pourtant, si je m'y connais bien.
Vous fîtes, en quittant le monde, Des cœurs plus tristes que le mien.
Peut-être voire âme inflexible, Qu'un saint mouvement conduisait.
Le suivit, sans être sensible Au désespoir qu'elle causait.
Puisque mon influence noire Toucha votre cœur généreux.
Je n'en quitterais pas la gloire Pour une charge ni pour deux.
.Mon destin au vôtre me lie:
Pour beaucoup de conformité.
Comme vous j'userai ma vie Dans une honnête pauvreté.
Nos festins deviendront les mêmes.
Et notre régime commun. Je ferai deux ou trois carêmes, Quand les pourvus n'en feront qu'un.
Comme vous, quittant de la mode Le fastueux entêtement.
D'une Berge simple et commode Je ferai mon habillement.
Comme vous, à l'obéissa A ; tu tant mon intérieur, J'accomplirai sans répugnance Les ordres du supérieur.
Pour l'autre vœu <|iii vous fait vivre h- joug d'une chaste loi.
Je n'aurai pas peine à le suivre :
Mes cheveux gris l'ont fait pour moi.
Mais un point qui me tient en peine Dérange la comparaison :
Car vous logez chez votre reine ; Mon roi m'exclut de sa maison.
Cet écart forcé du modèle Ne doit point m'être reproché :
Dans un si noble parallèle, C'est beaucoup d'avoir approché.
Béni soit le malheur propice, Heureux refus, sage artisan, Qui, bientôt, en jeune novice Va changer un vieux courtisan.
Franchement, mes desseins honnêtes Méritent votre attention :
O ma sœur (car enfin vous Têtes) ! Priez pour ma conversion.