ECOUTE-MOI, MADELEINE
Pour ce aimez-moy, cependant qu’estes belle,
Ronsanp,
Ecoute-moi, Madeleine !
L'hiver a quitté la plaine
Qu'hier il glaçait encor.
Viens dans ces bois d'où ma suite Se retire, au loin conduite
Par les sons errants du cor !
Viens ! on dirait, Madeleine, Que le printemps, dont l’haleine Donne aux roses leurs couleurs, À, cette nuit, pour te plaire, Secoué sur la bruyère
Sa robe pleine de fleurs !
Si j'étais, à Madeleine, L'agneau dont la blanche laine Se démêle sous tes doigts !.… Si j'étais l'oiseau qui passe,
Et que poursuit dans l'espace Un doux appel de tu voix !.…
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Si tu voulais, Madeleine, Ta demeure serait pleine De pages et de vassaux :
Et ton splendide oratoire Déroberait sous la moire La pierre de ses arceaux !
Si tu voulais, Madeleine, Au lieu de 14 marjolaine
Qui pare ton chaperon,
Tu porterais la couronne F De comtesse ou de baronne,
Dont la perle est le fleuron !
Si tu voulais, Madeleine,
Je te ferais châtelaine ;
Je suis le comte Roger ;
Quitte pour moi ces chaumières ; À moins que tu ne préfères
Que je me fasse berger |
Septembre 1825.