‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 98 sur 121 · SUNT LACRYMÆ RERUM · texte numérisé non relu

SUNT LACRYMÆ RERUM

Il est mort. Rien de plus. Nul groupe populaire, Urne d’où se répand l’amour et la colère,

N'a jeté sur son nom pitié, gloire ou respect, Aucun signe n’a lui. Rien n'a changé l'aspect De ce siècle orageux ; mer de récifs bordée,

Où le fait, ce flot sombre, écume sur l’idée.

Nul temple n’a gémi dans nos villes. Nul glas

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N'a passé sur nos fronts criant : Hélas! Hélas!

La presse aux mille voix, cette louve hargneuse,

À peine a retourné sa tête dédaigneuse ;

Nous ne l'avons pas vue, irritée et grondant, Donner à cette pourpre un dernier coup de dent, Et chacun vers son but, la marée à la grève,

La foule vers l’arent, le 1 nseur vers son rêve, Tout a continué de marcner, de courir,

Et rien n’a dit au monde: Un roi vient de mourir !

Charles Dix! Oh! le Dieu ju retire et qui donne Forgea pour cette tête une lourde couronne !

L'empire était penchant, et les temps étaient durs. Une ombre quand il vint couvrait encore nos murs, L'ombre de l’empereur, figure colossale.

Peuple, armée, et la France, et l'Europe vassale,

Par cette vaste main pendant quinze ans pétris, Demandaient un grand règne ! et pour remplir Pari Ainsi qu'après César Auguste remplit Rome,

Après Napoléon il fallait plus qu’un homme.

Charles ne fut qu’un homme. À ce faîte il eut peur Le gouffre attire. Pris d’un vertige trompeur,

Dans l’abîme, fermant les yeux à la lumière,

I1 se précipita la tête la première.

Silence à son tombeau ! car tout vient de finir,

À peine il aura teint d’un vague souvenir Le peuple à l’eau pareil, qui passe, clair ou sombre, Près de tout sans en prendre autre chose que l'ombre ! Je n'aurai pas pour lui de reproches amers.

Je ne suis pas l'oiseau qui crie au bord des mers

Et qui, voyant tomber la foudre des nuées,

Jette aux marins perdus ses sinistres huées.

Des passions de tous isolé bien souvent,

Je n'ai jamais cherché les baisers que nous vend

Et l'hymne dont nous berce avec sa voix flatteuse

La popularité, cette grande menteuse.

Aussi n’attendez pas que j'achète aujou, d'hui

Des louanges.pour moi par des affronts pour lui. Qu'un autre, aux rois déchus donnant un nom sévère, Fasse un vil pilori de leur fatal calvaire ;

Moi je n’afligerai pas plus, Ô Charles dix !

Ton cercueil maintenant que ton exil jadis !

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Repose, fils de France, en ta tombe exilée !

Dormez, sire !—Il convient que cette ombre vouée,

Que ce vieux pasteur mort sans peuple et sans troupeaux, Roi presque séculaire, ait au moins le re,os.

Qu'il ait au moins la paix où la mort nous convie, Puisqu'il eut le travail d’une si dure vie!

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