LE PRÉSIDENT
Et moi...
LE FORFICULAIRE.
L'homme est sans contredit le plus méchant des animaux créés..
LA TINEIDE EPIGRAPfllA.
Ouvrez leurs propres livres, vous y verrez Ovide louer et envier la puce. Martial, parlant d'elle, ne conseille pas de la tuer, mais de la gratter avec une main d'ivoire. Daniel Heinsius a fait l'éloge de notre honorable président, Aldrovande l'éloge de la punaise, Virgile l'éloge du moustique, etc.
Mais, dans aucun des ouvrages des hommes, vous ne trouverez l'éloge de l'homme ; tous leurs livres,, au contraire, sont remplis du récit de ses folies et de ses crimes, et d'accusation, de reproches, d'injures, que les hommes ne cessent d'éehanger les uns contre les autres.
10 LES POINTS SUR LBS î
LA G%ÊPE.
Si je demande la parole, c'est pour rassurer... Le stercoraire, le bousier^ plusieurs acarus font un tel tumulte que la guêpe renonce à la parole.
LE CLOPORTE
J'appuierai l'opinion du préopinant l'honorable forficulaire, l'homme n'est qu'un anynal parasite; chacun de nous se contente d'un aliment que la Providence lui a assigné et créé pour lui. Moi, sobre, comme il convient à un philosophe, je me nourris de feuilles sèches pu pourries tombées des arbres ; la cantharidè, si beUe, ne mange que les feuilles des frênes et, à défaut, celles du lilas; la calandra orizse épargne tout au monde, sauf quelques grains de riz.
Mettez le ver à soie-bombyx-sericaria sur un chêne, sur un hêtre, sur un châtaignier, il n'y touchera pas ; il se contente du mûrier, et, en retour, donnez à la femelle de notre tyran, pour cacher et orner son corps nu, ces riches tissus qui la rendent si fièrë et parfois si... (A droite : Ce n'est pas parlementaire. A l'ordre I) ■
LE CLOPORTE
Mais l'homme mange et dévore tout et surtout gaspille tout, tous les êtres vivants, tous les végétaux, tiges, fruits, graines, bourgeons, racines. Chacun de nous se contente d'une chose, et lui à chacun de nous il prend quelque chose, par toutes soi te d'artifices il excite sa faim dévastatrice.