‹ Les Poisons CancéreuxChapitre 17 sur 39 · ES DE VO EP ER · texte numérisé non relu

ES DE VO EP ER

$ 1 — Tumeurs très toxiques.

La tumeur I, très toxique, était remarquablement molle, elle avait l'aspect d’un encéphaloïde. L'examen microscopique démontra, en effet, que le tissu conjonctif était peu abondant : il dessinait seulement de minces aréoles dont l'intérieur était rempli de cellules. Celles-c1, . volumineuses, pourvues d’un gros noyau avec un ou deux nucléoles, s’infiltraient dans les travées conjonctives et, en quelques points, les dissociaient et les masquaient . presque complètement.

L'extrait, préparé comme d'habitude, fut injecté dans les veines d’un lapin de 1,950 gr. Au 12° ec., l'animal fut pris de convulsions et succomba.

Un deuxième lapin pesant 2,000 gr. reçut une dose moitié moindre. Détaché, il resta anéanti, immobile, puis peu à peu ses membres se paralysèrent et il succomba en une heure. :

Ces deux expériences ne donnent qu'une idée incomplète du pouvoir toxique que possédait le néoplasme. C’est ce que prouvent les recherches suivantes :

Un cobaye reçut sous la peau trois petits fragments de la tumeur, gros chacun comme -un grain de chenevis,

Le lendemain, l'animal était immobile, le poil hérissé, se mouvant avec peine. Le jour suivant, il était mort.

Deux souris blanches furent inoculées avec une trace de sue cancéreux. L'une ne subit qu'une piqûre et résista, La seconde, qui reçut, par deux inoculations, une dose double, ne tarda pas à rester immobile; au bout de quelques heures elle était complètement paralysée et

succombait le soir même, 13 heures après l'introduction du poison. à

On voit par ces derniers résultats, que la tumeur renfermait des substances extrêmement énergiques, dont l'action se manifestait rapidement, même après l’introduction sous-cutanée de doses minimes. Mais les effets ne sont pas immédiats. Aussi est-il difficile, par la méthode des injections intravéineuses, de déterminer exactement la dose mortelle minima.

Il est bien certain que, chez les deux lapins, nous avions introduit une quantité d'extrait trop considérable. Cette action relativement lente permet de rapprocher le poison cancéreux des toxines microbiennes, ou plutôt des divers poisons de nature colloïdale.

OBSERVATION

M. L..., opérée en ville par M. Bazy le 21 mars 1906,

fit une généralisation rapide et mourut siX MOIS après,

La seconde tumeur (expérience IL) étail un carcinome du sein. de consistance assez molle; l'extrait préparé avec 130 gr. de la tumeur fut one en grande partie pour des expériences qui ne sont pas consignées 1c1. Un lapin pesant 1,890 gr. reçut 7 cc. en 7 minutes. Après quelques convulsions, il meurt.

OBSERVATION

M. C..., prostituée de 27 ans. Opérée à l’Hôtel-Dieu le 19 mars 1907 d'une tumeur énorme avec des ganglions - adhérents à la peau.

Elle a eu un enfant il y a 18 mois, l’a nourri 15 mois, elle prétend que c'est seulement depuis le sevrage que la tumeur s’est développée.

Elle a des douleurs en ceinture qui font hésiter devant une opéralion, mais sur la volonté formelle de la malade, le chirurgien fait une opération de Halstead : le lendemain, pouls à 136. Rien du côté de la plaie. Pression, 9. Elle est morte huit jours après.

L'expérience III a été faite avec une tumeur mammaire assez dure, et les ganglions satellites de consistance molle. L'examen histologique a mis en lumière un épithélioma lobulé typique en dégénérescence colloïde.

L’extrait obtenu par les procédés F et IT combinés est injecté à un lapin de 1,850 gr. qui reçoit 9 ce. 5 en 9 minutes ; après une période d’agitation fébrile, il est pris de grandes convulsions et meurt.

Le même extrait est injecté par un rameau de la veine porte à un lapin de 1,950 gr. Au 4° ce., il est pris de convulsions et meurt.

Nous injectons dans la veine périphérique d’un troisième lapin de 1,930 gr., 5 ce. en 5 minutes, il ne présente pas de troubles immédiats, mais se cachectise très vite et meurt 14 jours après, ne pesant plus que 1,450 gr. L'examen histologiqué de son foie et de son rein ne donne aucune indication ; la moelle osseuse, rouge, est en réaction : elle renferme de très nombreux éléments cellulaires.

OBSERVA TION

J. D..., âgée de 45 ans, avait été opérée à St-Antoine

pour un cancer du sein gauche, le 23 novembre 1906. On avait enlevé aussi l’aponévrose du grand pectoral, et fait un curage de l’aisselle où se trouvaient des ganglions. Drain. Décédée au Calvaire le 1 décembre 1907. Récidive ulcérée.

Les deux tumeurs IV et V sont des cancers du rein

étendus à la totalité de l'organe.

Le premier était transformé ‘en une masse blanchâtre, molle, friable, presque déliquescente par places, très fortement vascularisée et creusée dé peliles cavités remplies d'un liquide sanglant. C'était un épithéliome à cellules claires.

La structure tubulaire à disparu. Du tissu fibreux divise la masse en une série de départements. Des travées principales partent des fibrilles très mmces, dessinant des cercles généralement incomplets et circonscrivant des aréoles qui communiquent largement entre elles. Le tissu fibreux renferme quelques vaisseaux pourvus de parois, el de nombreux sinus pleins de sang. Les aréoles sont remplies de cellules, cylindriques sur les parois, polyédriques ou irrégulières dans le centre. Ces cellules sont pour la plupart claires’ et transparentes. Quelques-unes ont un protoplasma plus foncé; d’autres sont en dégénérescence granuleuse ou hyaline.

On prélève de la tumeur une masse pesant 106 gr.; on

la triture, on la congèle et on obtient 100 gr. d'extrait.

Cet extrait ne fut injecté que le lendemain de l'extirpation. Cependant sa toxicité était encore fort élevée.

Un lapin de 1,920 gr. reçut 4 ec. d'extrait, à raison de 1 ce. par minute. Il fut pris de violentes convulsions

mm ———————— —————

et succomba. La dose mortelle par kilog. était donc de 2 cc. 08, représentant l'extrait de 2 gr. 08 du néoplasme.

Cet extrait renfermait 7,14 de matières solides pour

100. La quantité contenue dans la dose mortelle était donc de 0 gr. 148. :

L'effet toxique était dû en grande partie à des troubles

circulatoires qui sont rapportés en détail dans un chapitre suivant. OBSERVATION

J. J..., âgée de #3 ans, est opérée le 27 novembre 1906, pour un rein cancéreux pesant 500 gr. La tumeur s’est développée aux dépens de l'extrémité supérieure du rein; la partie inférieure paraît saine. A la coupe, en ouvrant les calices, on voit des espèces de tumeurs polypoïdes rattachées au calice par des pédicules fihformes.

Une néphrectomie transpéritonéale a été faite à Beaujon.

En mai 1909, nous apprenons que la patiente est morte, mais sans aucun autre renseignement.

L'autre rein (Exp. V) élait transformé en une masse blanchâtre, homogène, qui, par places, avait un aspect lardacé ; en certains points était demi-transparente, en quelques autres, opaque et jaunâtre.

L'examen histologique établit qu'il s'agissait d'un épithéliome dont l'évolution était fort avancée. On ne retrouvait que des restes de la disposition glandulaire, sous forme de cercles ou de tubes à bords parallèles. Les parois de ces cavités étaient tapissées de cellules

cyhndriques, le centre était occupé par des éléments plus *

petits et de forme polyédrique. Dans la plus grande étendue de la préparation, un üssu fibreux assez abondant formait des bandes plus ou moins épaisses, dont se détachaient d'innombrables fibrilles : celles-ci, par leurs anastomoses, circonscrivaient des compartiments elliptiques, ou bien, minces et rapprochées, constituaient un feutrage assez dense, dont les mailles renfermaient des cellules à protoplasma incolore et transparent. Dans les autres régions, les cellules cancéreuses, polyédriques par pression réciproque, pourvues d’un protoplasma foncé et d'un noyau bien coloré, remplissaient les alvéoles et s'infiltraient dans les parois fibreuses. De loin en loin, une petite hémorragie s'était produite. qui dissociait le parenchyme ; au milieu des globules rouges se détachaient de nombreux leucocytes qui pénétraient en plus ou moins grand nombre dans le tissu ambiant.

Un fragment cancéreux pesant 430 gr. fut traité suivant le procédé habituel, après adjonction de 200 cc. d’eau salée, 1l fournit 280 ce. d’extrait.

Un lapin de 1,620 gr. reçoit cet extrait par voie veineuse, à raison de ? cc. à la minute. On introduit ainsi en 15 minutes 30 cc.

Posé à terre, l’animal paraît malade; il reste immobile, dyspnéique, puis il prend une attitude spéciale, 1l tient sa tête fortement fléchie vers le sol; sa dyspnée augmente ; ses membres parésiés ne le soutiennent plus. Au bout d'une demi-heure, quelques convulsions éclatent, et, après avoir eu une grande convulsion terminale, l'animal succombe 32 minutes après la fin de l'injection.

On constate, à l’autopsie, que le sang est resté fluide dans tous les vaisseaux, y compris la veine porte. La

-GIRARD-MANGIN. Hi)

seule lésion appréciable est celle des poumons. Ces organes sont distendus et remplis d’un liquide albumineux, mousseux, qui encombre les bronches et la trachée. C'est un aspect analogue à celui qu’on observe dans l’'empoisonnement par l’ adrénaline.

Par le procédé IT on obtient 280 cc, d’un do extrait dons nous avons déterminé la toxicité.

Un lapin de 1780 gr, après avoir reçu 17 cc. paraissait tellement malade qu’on arrêta l'injection. Peu à peu il se remit et ne succomba que 25 jours plus tard, profondément cachectisé.

Son poids était progressivement tombé à 1,150 gr. La culture démontra l'absence de toute infection intercurrente, aérobie ou anaérobie. «

Dans une autre série d'expériences, nous avons injecté comparativement, à un lapin de 1,880 gr. 10 cc. du premier extrait, et, à un lapin de 1,875 gr. 30 cc. du deuxième. |

Ces animaux ont servi à l'étude graphique des modifications produites dans les appareils circulatoire et respiraloire. Ils étaient donc placés dans d’assez mauvaises conditions de résistance, mais la situation étant la même pour tous deux, les résultats sont comparables. = Le premier lapin succomba en 40 minntes ; le second résista plusieurs heures et ne mourut que dans la nuit.

S1 nous rapportons les résultats à une même unité, c'est-à-dire au kilogramme d'animal, nous obtenons les chiffres suivants (En face des doses injectées, nous indiquons la quantité de matières solides qu’elles renferment.

= 2 Ê S a E 5 MATIÈRES SOLIDES 5 ce = & S SURVIE. these nt æ Es] 2 ESS dans 100 gr.|dans la dose n Si & d'extrait. injectée.

oo oo LD Qt AT Re 148 ce! 51 | 29 gr. 13 | 32 minutes. 5.85 1.08 Par trituration... 5 31 8 15 | 40 minutes. 5,85 0.31 fExtnait ITS. ..h.,:. 16 29 27 | Plus. heures. 3.69 0.59 Par congélation..| 10 41| 18 49 | 25 jours. 3.69 0.373

Dans la première expérience l'animal avait succombé avec une dyspnée particulière, et l’autopsie avait révélé un œdème aigu du poumon.

Ces manifestations que nous n'avons pas encore observées dans l'intoxication cancéreuse sont constantes dans les empoisonnements par l'extrait de capsule surrénale ou par l'adrénaline. Il était donc important de rechercher si notre extrait cancéreux ne renfermait pas une trace de cette substance.

Pour trancher la question il suffit d'enregistrer la pression sanguine : tandis que les extraits cancéreux l’abaissent, l’adrénaline l'élève, et son action hypertensive est tellement puissante qu’elle l'emporte toujours sur les poisons hypotenseurs et fait toujours monter la colonne manométrique.

Comme tous les autres extraits cancéreux, celui-ci tendait à abaisser la pression.

OBSERVATION

M..., opéré en ville par M. Bazy, le 8 janvier 1907.

Il mourut dix jours après l'opération d'une perforation

intestinale.

L'extrait de la tumeur VI a été préparé à l'appareil Latapie. 80 gr. de tumeur, histologiquement du carcinome, fournissent 80 cc. d'extrait.

Un lapin de 1,850 gr. en reçoit 10 ce. dans une veine ; 50 minutes après 1l est très mal, sa température est tombée à 37,4 ; 50 minutes plus lard il meurt, avec une température de 35°.

Les résidus repris par congélation ont fourni 70 cc. d'extrait dont 40 cc. sont injectés à un lapin en

13 minutes ; l'animal succombe #4 jours plus tard. OBSERVATION

S. D..., femme de 45 ans, opérée à Beaujon le 1e mars 1907. Amputation du sein pour laquelle on enlève largement la peau. La malade se remet mal, elle maigrit beaucoup et présente une coloration ictérique des téguments ; en Janvier 1908 ses règles viennent irrégulièrement, et en mars 1908 elles ont complètement disparu.

La malade avait remarqué de petites masses dures dans sa cicatrice et un ganglion, notable en janvier 1908 ; ces nodules sont complètement flétris au mois de juillet 1908. | |

Au 15 mars 1909 la malade voyage, elle se trouve en bonne santé; la teinte ictérique a disparu de ses téguments et la cicatrice est en bon état. : e

En mai 1909 la malade accuse des douleurs dans la région lombaire, persistant et augmentant depuis peu de. mois.

| TUMEURS TRÈS TOXIQUES. 69 D RE EN RE Le La tumeur VII était consécutive à une maladie de Paget ; l'examen histologique la montre de nature carci-

nomateuse très végéltante.

85 gr. d'extrait servent à injecter un lapin de 1,850 gr. le lendemain du jour où l'extrait fut préparé. L'animal succombe en 1/2 heure pour 6 ce. d’extrail poussés en D minutes.

OBSERVATION

C. C..., femme de 60 ans, opérée à Beaujon le 27 mars 1908. Le rein est enlevé avec l’aponévrose du grand pectoral. Une grosse masse ganglionnaire adhérente à la peau et des ganglions disséminés le long des vaisseaux axillaires sont enlevés en même temps. Drain.

La récidive se produit dès novembre 1908 et la malade meurt en décembre 1908.

La tumeur VIII était également très toxique ; mais il -n’a pas été possible de trouver le chirurgien qui l'avait ‘envoyée, et partant aucune observation n’a pu être prise :

tous les résultats de J’expérimentation sont consignés : dans le tableau général.

L'expérience IX a donné de fort intéressants résultats ayant élé le sujet de recherches spéciales.

C'était un cancer en cuirasse, développé consécutivement à un épithéliome du mamelon. On suivait sur les coupes l'évolution de la tumeur et on retrouvait en cerlains points des proliférations adénomateuses, en d’autres une production épithéliomateuse atypique.

Cette tumeur fut triturée dans l’eau salée et l'extrait obtenu fut divisé en deux parties : l’une fut simplement filtrée, l’autre fut soumise à la dialyse. |

Trois lapins reçurent dans les veines 5 cc. de l’extrait filtré, trois autres 5 cc. de l'extrait dialysé : tous les six périrent dans la nuit. Ainsi le poison ne traverse pas la membrane dialysante ; ee qui paraît bien une preuve de sa nature colloïdale.

OBSERVATION

F. G..., âgée de 48 ans, opérée le 3 mars 1904 pour la seconde fois. On enlève non seulement la glande, mais une partie du grand pectoral et tous les ganglions de l’aisselle ; le sein du côté opposé avait été enlevé précédemment. En juillet 1904 il y eut de nombreuses récidives dans les cicatrices et la malade meurt en mai 1905.

L'expérience X fut faite avec une timeur mammaire dont le centre était occupé par un gros kyste, de nombreuses cavités kystiques de grandeur variable se trouvaient dans l'épaisseur de la tumeur. +

L'examen histologique a montré qu'il s'agissait d’un carcinome en voie de dégénérescence.

Le liquide du kyste séreux un peu louche fut centrifugé ; une culture resta stérile ; elle avait été faite parce qu'on avait cru ce liquide infecté.

Le liquide centrifugé donna un gros culot où se trouvaient des débris cellulaires et des globules rouges hémolysés ; la partie supérieure était jaune claire et ressemblait à du sérum. On en obtint 75 ce.

Un lapin de 1,700 gr. reçut une injection intraveineuse 3 de 69 cc. du liquide kystique sans aucun trouble ; on le À trouva mort dans sa cage une heure plus tard.

à Un lapin de 1,820 or. reçoit alors dans une veine de | = l'oreille la totalité de l'extrait préparé avec la tumeur, soit 25 ce. ; 1l meurt, avec de grandes convulsions, 2 heures après.

À OBSERVATION

H..., opérée en ville par M. Bazy, le 11 septembre 1906; morte en janvier 1909, elle avait une tumeur récidivée depuis un an. :

Quoiqu'il n'ait pas été préparé d'extrait de la tumeur XV, on peut conclure qu'elle était des plus toxiques.

Un chien épagneul en bon état reçut, le 21 décembre 1906, des morceaux de cette tumeur dans le péritoine, au nombre de trois pièces de la grosseur d’une petite noisette ; un autre morceau fut pris dans la cicatrice musculaire et un autre inoculé sous la peau.

= L'animal se cachectisa très rapidement et mourut le

14 janvier 1907, très amaigri. A l’autopsie aucune lésion

ne pouvait expliquer la mort, la plaie opératoire réunie

par première intention était parfaite, il n’y avait pas d’abcès.

Les pièces d’inoculation s'étaient résorbées, sauf celle

se trouvant sous la peau, qui ne l'était qu'imparfaitement.

On peut conclure que des traces de poison pour un animal pesant une quinzaine de kilogrammes avaient été cause de la mort précédée de cachexie.

OBSERVATION \ y

M" R..., âgée de 48 ans, avait élé opérée à Beaujon le 21 décembre 1906. On avait fait une ablation large du sein gauche et des ganglions. Drain dans l’aisselle.

Après l’opération, elle se cachectisa très vite, et mourut 2 mois après sans récidive apparente : le mari insiste violemment sur le fait que cette femme était en bon état général avant l'opération. La tumeur, examinée au microscope, était un carcinome très végétant, les ganglions élaient complètement bourrés de cellules épithéliales

atypiques.

On peut conclure que l’inoculation de plusieurs pièces fumorales chez le chien, et l'intervention chirurgicale chez la patiente mirent en circulation dans l'organisme des poisons extrêmement violents. :

La dernière tumeur vraiment toxique fut un fibrosarcome du fond de l'utérus, reconnu tel à l'examen histologique : car d'aspect macroscopique c'était un gros fibrome tout à fait bénin (tumeur XXVII).

840 gr. de la tumeur sont repris dans 500 ce. d’eau salée par le procédé I. On obtient 330 gr. d’extrait, auxquels on ajoute 75 gr. obtenus par le procédé Il (congélation). Un lapin de 1,660 gr. reçoit le lendemain du jour de la préparation des extraits 25 ce du melange poussés en 13 minutes; après plusieurs selles diarrhéiques, 11 meurt une demi-heure plus tard.

OBSERVATION

Ch, P..., âgée de 44 ans, entre à la Salpêtrière pour

‘un fibrome qu’on opère le 8 juin 1907 : cette femme est

en excellent état général, elle est même légèrement obèse.

À l'ouverture de la cavité abdominale, on trouve un fibrome de la grosseur d’une tête d'adulte, faisant une saillie dans la cavité abdominale. Il n’y a absolument rien dans la cavité utérine.

Très rapidement remise, la malade reprend son métier, et durant plus d’une année nous la suivons à domicile, elle reste en très bonne santé jusqu’au mois de-décembre 1908, époque à laquelle la malade se plaint de grande fatigue et de la fétidité de son écoulement vaginal.

De retour à la Salpétrière, elle y a reçu des soins durant 5 mois, pendant lesquels sa récidive s’accentue.

Rentrée chez elle, elle reste non améhorée, et en mai 1909, elle ne se lève plus; on pertoit à travers la paroi abdominale de,nombreuses tumeurs dures, bosselées : à cause de la fétidité de l'écoulement vaginal, parfois -sanguinolent, on ne pratique pas le toucher, n'ayant aucun moyen de désinfection au domicile de la malade.

Le pouls est à 132; la pression à 9 ; l’état désespéré.

Toutes les tumeurs qui produisirent des accidents immédials après l'injection de leurs extraits aux lapins, provenaient de malades. dont l’évolution clinique a été fatale. L'expérience VI paraît en désaccord avec toutes les autres. 7 Pré Mais là, tandis que la patiente était en voie de récidive rapide et de généralisation, se place un fait parti-

true TOXICITÉ DES TUMEURS D'ORIGINE HUMAINE.

ot F

culier. Les règles diminuent et disparaissent ; une ménopause d’allure normale se produit, la femme ayant plus de 45 ans : à sa suite tout rentre dans l’ordre. Les masses dures se flétrissent et la malade reprend un bon état général qui a persisté depuis. Cette observation doit être mise à part, faute d'éléments pour l'éclairer. Nous n'avons à notre disposition que des hypothèses, que les : nombreuses recherches de Beatson sur ce sujet n'ont encore pu appuyer sur des faits.

La

$ 2. — Tumeurs cachectisantes.

Nous nommons ainsi celles de nos tumeurs dont les extraits entraînèrent la mort dans un temps plus ou moins long, en provoquant un état cachectique plus où Moins notable. Les autopsies des animaux cachectisés donnent peu de résultats intéressants : avec un foie normal, un rein dont les tubes sont un peu distendus, | la moelle osseuse, rouge, est en pleine réaction.

Certains de ces extraits ont été injectés à petites doses.

Il est utile de remarquer que ces cachexies aboutissant à la mort ont parfois été provoquées par l'injection à doses infimes de nos extraits fort toxiques. Il est ainsi permis de supposer qu'un mécanisme semblable cause la morte brutale ou la cachexie lente, qui se rapproche davantage de ce que nous observons dans la réalité.

Prenons pour exemples les tumeurs toxiques utilisées dans les expériences IIT, IV et VIII de notre tableau.

L'extrait III a tué un lapin à la dose de 5 g. 135 par kilo, tandis qu'un second animal est mort au bout de

TUMEURS CACHECTISANTES. | 75

14 jours, après avoir reçu seulement 2 gr. 59 par kilo. L’extrait IV tuait à la dose de 2 gr. 088 et 2 gr. 027 par kilo ; un lapin, n'ayant reçu que 0,769 de cet extrait, a survécu 7 jours. |

Dans l'expérience VIII, les effets toxiques ont été différents avec des doses semblables, parce que les voies d'injection n'ont pas été les mêmes.

Un animal, ayant reçu 5 gr. 347 dans les veines, mourut en 18 heures; un autre Apr reçut 5 gr. 208 dans le péritoine et ne mourut qu’au bout de 21 jours. Un rat, ayant reçu des traces du même extrait dans le péritoine, a succombé en 9 jours.

Quelques tumeurs appartenant à cette seconde série ny ont peut-être pas tout à fait droit. C’est pourquoi nous en parlerons tout d'abord.

I s’agit d'extraits dont ait intraveineuse fut suivie de phénomènes si graves ‘qu'elle fut suspendue avant que la dose mortelle fût atteinte.

Les expériences XIII, XI et XVI sont dans ce cas.

La tumeur XIII était un carcinome très infiltrant dont fut préparé un extrait avec 100 gr. de tumeur dans 50 ce. d’eau salée, ce qui produisit 40 ce.

Un lapin de 1,750 gr. reçut 5 cc dans une veine périphérique, le lendemain de la préparation de l'extrait et mourut en 14 jours sans lésions appréciables à lautopsie.

Le résidu fut congelé et repris dans 100 ec. d’eau ’salée, ce qui produit 85 ce. d’ extrait.

.… Un lapin de 1,920 gr. en reçut 30 cc. en 15 minutes, il mourut 6 semaines plus tard.

Un mélange de 42 ce. du second ht et de 20 cc. du premier fut laissé une nuit à la glacière.

Le lendemain, un lapin de 1,970 gr. reçut 30 cc. “du mélange sans présenter aucun trouble : il fut remis en

circulation beaucoup plus tard. e y OBSERVATION

D. B..., âgée de 54 ans, fut opérée à Beaujon le 23 avril 1907 : la glande fut enlevée avec l'aponévrose du grand pectoral et deux ganglins de la grosseur d’un petit pois. | à |

En avril 1909. elle à encore des mouvements limités du bras ; mais elle a repris son poids et sa bonne mine, elle est installée à Champigny.

Après l'opération, la malade, qui avait encore quelques pertes de règles, mais irrégulières, les vit se régulariser deux fois de suite, puis disparaître définitivement.

Il y eut donc une répercussion sur le système génital, peut-être à retenir. |

L'expérience XI a porté sur un cancer en champignon, très mou; c'était, à l'examen histologique, un careinome dont les cavités canaliculaires étaient très bourgeonnantes. 120 gr. de la tumeur dans 80 gr. d’eau salée ont donné 80 ec. d'extrait. | |

Un lapin de 2,100 gr. reçut, dans la veine auriculaire, 10 ce., les 2 premiers en 2 minutes, les autres en 6 mitea il mourut 3 Jours après,

TUMEURS CACHECTISANTES. 77

OBSERVATION

H. R..., âgée de 52 ans, fut opérée à l'Hôtel-Dieu le 22 janvier 1907, d'un sein cancéreux et des ganglions satellites. Sans récidive apparente, cette malade est morte le 2 juin 1908.

La tumeur XVI était une tumeur compacte avec ganghions, qui fut préparée dans l’eau salée, dans la proporüon de 80 gr. de tumeur pour 80 cc. de solution physiologique. 6 | |

Un lapin de 2,320 gr. reçut 12 ce. dans les veines, il mourut en 32 Jours.

L'examen histologique a montré qu'il s'agissait d’un épithélioma à évolution fibreuse, mais assez riche en cellules cancéreuses. Le tissu conjonctif est représenté par des fibrilles minces, nombreuses, décrivant de très petites aréoles. Les ganglions sont bourrés de cellules épithéliales atypiques et végétantes.

L'observation de la malade n’a pu être prise, le sujet ayant disparu.

Pour les autres tumeurs XII, XIV, XVII, XVIII, les doses employées en injections ont été assez considérables pour qu'on considère leurs extraits comme peu toxiques.

/ L'expérience XII est relative à un épithéliome mam-

maire à évolution fibreuse. Le lapin qui reçut, par kilog., une dose d'extrait correspondant à 14,3 succomba en * 10 jours, son poids étant tombé de 1,750 gr. à 1,450 gr. La toxicité était assez minime puisqu'un cobaye de

RS RS PR M Le 0 Cm 520 gr. reçut 12 cc. du même liquide dans la cavité péritonéale el n'eut aucune réaction. Il a présenté pour- {ant une sensibilité un peu spéciale aux injections d’extrait cancéreux puisqu'ayant reçu 20 ce. d'un extrait non toxique dans son péritoine, il mourut en 3 jours. Cette seconde injeclion avait été faite 12 jours après la première ; ce cobaye n'avait rien perdu de son poids. La malade opérée en ville n’a pu être retrouvée, n1 interrogée par son chirurgien.

Dans l'expérience XIV, il s’agit d’un rein enlevé à un enfant (190 gr.): Une heure après l'opération, 140 gr. de la tumeur sont épuisées par 140.gr. d'eau salée physiologique. Il s'agissait d’un épithélioma à cellules atypiques avec de nombreux tubes.

Le lapin (1,850 gr.) reçut 25 cc. de cet extrait ; donc 10 cc. la première minute, puis 2 ce. par minute pour les suivants, sans présenter aucun trouble immédiat. L'animal mourut 15 jours après; son poids était tombé à 1,520 gr.

OBSERVATION

L. N..., du sexe féminin, avait été opérée le 14 février 1908, à l'âge de 14 mois, à l'hôpital des Enfants” malades. :

La mère s'est aperçue de la présence d'une tumeur dans le flanc gauche il y a 7 mois ; depuis, elle a constaté que son volume augmentait. L'enfant est en bon état général, sans fièvre.

La tumeur est constituée par le rein droit, elle est pédiculisée. Revue plusieurs fois depuis cette époque,

TUMEURS CACHECTISANTES, 79

k. 5 ’ Q à \ ’ l'enfant est toujours en bon état, 15 mois après l’opération (1).

L'expérience XVII a été faile avec un adéno-carcinome du sein et sans préparation d'aucun extrait. Des morceaux de la grosseur d'un grain de millet sont inoculés dans le péritoine d’un ra{ blanc, qui maigrit peu à peu, el meurt cinq mois après. À l’autopsie, il n’y a pas de greffe dans le périloine, ni d’abcès ; le foie et les anses intestüinales sont si pâles qu'il semble qu'un lavage ait été pratiqué. ‘

OBSERVATION

M. P..., 39 ans, a été opérée à la Charité le 29 juin 1906. La tumeur, petite et bien limitée, a deux petits ganglions

correspondants, qui sont enlevés avec la glande. En

avril 1909, la patiente est en très bon état de santé. t

La dernière des tumeurs de cette série (exp. XVIII) était dure ; l'examen histologique a montré un épithélioma à grosses cellules polygonales enclavées dans un tissu fibreux très abondant et très dense.

Un lapin de 1,700 gr. reçoit, en injection intravet“ neuse, 20 cc. de l'extrait sans effet notable; 1l a parfaitement survécu. $

Un cobaye de 280 gr: reçoit 10 cc. du même extrait

en injection sous-cutanée ; il meurt amaigri en 5# jours. .

(4) Depuis la rédaction de cette thèse, M. Broca, qui a bien voulu nous

confior cette tumeur, a examiné à nouveau la malade et nous à dit n'avoir jamais, au cours de sa- carrière, eu l'occasion d'observer une telle survie,

80 | TOXICITÉ DES TUMEURS D'ORIGINE HUMAINE. x

Un rat blanc ayant été inoculé sous la peau avec un morceau de la tumeur et ayant reçu 2 cc, d'extrait dans son péritoine, meurt au bout de 9 semaines sans lésions à l’autopsie. É |

L'observation clinique relative à une malade de ville ne nous a pas été communiquée. :

$ 3. — Tumeurs non toxiques.

Les résultats négatifs ne sont guère intéressants à communiquer, mais ils peuvent servir de points de comparaison pour l'étude des résultats positifs. \

D'autre part, ayant pu nous procurer le plus grand nombre des observations cliniques qui se rapportent à nos recherches expérimentales, 1l est d’un intérêt très vif de les rapprocher ici.

Pour passer à l'étude des tumeurs dépourvues de toxicité, la dernière observation de notre chapitre précédent (exp. XVIII) était toute indiquée. Un cobaye mourut en 54 jours après une injection sous-cutanée ; 1l est done permis de penser qu'avec des doses très élevées d'extrait les lapins auraient succombé dans une cachexie progressive. Ïl eût fallu des doses très élevées, en quantités analogues aux doses d'extraits d'organes sains nécessaires pour causer la mort. Les quantités dont nous allons parler sont du même ordre.

L'expérience XIX a trait à une tumeur épithéliale fibreuse très dure, dont on obtint un extrait qui fut injecté en totalité à un lapin qui a survécu sans présenter aucun trouble. Il en fut de même pour un rat.

OBSERVATION

B. M.., âgée de 66 ans, fut opérée à Beaujon le 8 juin 1906. La malade avait une néphrite qui fut aggravée soudain. Elle mourait avec des accidents graves, en état d’anurie et fut œdematiée deux mois plus tard.

Sa fille fut amenée à Beaujon, salle Malgaigne, en décembre 1907 ; elle mourait # jours plus tard avec le seul diagnostic d’anurie.

Ces faits, s'ils ont d’intéressants rapports entre eux, n’en ont aucun avec l’opération du 8 juin.

La tumeur XX était un squirrhe à cellules épithéliales très pâles, disposées en paquets dans un tissu fibreux très dense. On trouve quelques globes épidermiques.

Le lapin, injecté avec l'extrait de cette tumeur, le 15 mars 1907, était du poids de 1,940 gr.; il pesait en . octobre 1908, 2,420 grammes.

= OBSERVATION

A. L.., âgée de 46 ans, fut opérée à Beaujon ie 15 mars 1907. Le néoplasme était très étendu, on est obligé d'enlever une partie du grand pectoral adhérent à la glande. \

On fait aussi l’extirpation des ganglions dans le creux axillaire et on réunit avec peine. On draine.

En avril 1909 la malade est parfaitement bien portante ; sa cicatrice est souple, couverte d’un système pileux très développé. Ses rêgles sont toujours abondantes et régu- + hières, elle n’a jamais été mariée.

La tumeur XXI étail dure, squirrheuse, de même aructure histologique que la to (Exp. XIX).

Son extrait fut injecté en totalité à un lapin sans aucun

trouble.

OBSERVATION

Reese P..., âgée de 49 ans, fut opérée le 23 mars 1908, à Beaujon, pour une tumeur du sein droit.

L'incision elliptique se prolonge en raquette le long du bord inférieur du grand pectoral. On enlève:le sein, puis on cure l’aisselle où l’on trouve des ganglions. Les uns petits et durs sous le petit pectoral remontant jusqu’à la veine axillaire. D’autres sont mous et plus gros. Suture de la paroi en un plan. Drain.

En mai 1909, la malade qui est concierge, a repris ses occupations ; elle se porte très bien et peut user de son bras sans inconvénient.

L'expérience XXII fut faite avec une tumeur très

dure, qui fut pourtant reconnue à l'examen histologique comme une tumeur maligne, un carcinome à marche envahissante. < E

Le lapin mis en expérience pesait 1,450 gr., 11 reçut 20 cc. de l'extrait sans aucun trouble et, l’année suivante, il pesait 1,997 gr., 1l fut remis en ‘circulation.

OBSERVATION

E. R..., âgée de 43 ans, fut opérée le 10 octobre

1906, pour un cancer du sein gauche très étendu, la -

glande, une partie du grand pectoral et les ganglions de l’aisselle sont enlevés.

en

Le seul symptôme anormal pour un cancer aussi étendu est que la malade en accuse le début, il y a cinq

ans. En mai 1909, la malade qui est retournée à Soisy-

sous- -Etiollés, est en parfait état de santé. La région de la cicatrice est toujours restée très sensible à la pression.

Ici l'examen histologique eut fait prévoir une récidive, et notre expérimentation se trouve à la fois d'accord avec les antécédents de la malade qui était atteinte de sa tumeur depuis cinq ans, et son évolution depuis l’opération.

La tumeur XXIII était une tumeur kystique avec une lymphangite cancéreuse abondante.

L'examen histologique a montré qu'il s 'agissait d’ un carcinome typique, fusant largement, et présentant de nombreux îlots de nécrose.

Le centre de la tumeur était occupé par un gros kyste, hypertendu par un liquidé, qui fut recueilli à la pipette avant l’incision de la poche kystique ; il n’a donné aucune culture. à »

Un lapin de 2,200 gr., inoculé avec des morceaux de. la tumeur, reçut quatre injections intrapéritonéales de l’extrait à trois jours d'intervalle chacune. H n’a présenté aucun trouble.

Un cobaye ayant reçu des morceaux de la tumeur dans le péritoine, et de l'extrait sous la peau, était en parfait état six mois après l'expérience.

Un lapin qui reçut 30 ec. en injection intraveineuse n'a présenté aucun trouble ; il fut remis en circulation

- un an plus tard.

84 TOXICITÉ DES TUMEURS D'ORIGINE MUMAINE.

OBSERVATION

M. G..., opérée en ville par M. Bazy, le 16 novembre

1906, se trouva parfaitement guérie; et est morte de

pneumonie en Janvier 1909.

Ici encore l'examen histologique eut été indicateur d'une récidive rapide, que la clinique n’a pas confirmée.

La tumeur XXIV était dure, c'était un épithélioma mammaire avec beaucoup de üssu fibreux.

L'extrait obtenu avec cette tumeur n'a causé aucun

trouble à un lapin de 1,770 gr. qui en reçut 35 ce. dans.

les veines.

OBSERVATION

C. B..., âgée de 61 ans, fut opérée à l’'Hôtel-Dieu le 29 octobre 1906.

On lui fit l'opération de Halstead. L'épithéhoma avait.

pris la peau, était adhérent au grand pectoral, et il y avait des ganglions dans l’aisselle.

En mai 1909, elle est bien portante, nous n'avons pu la voir, elle est repartie dans son pays d’origine, mais sa pelite fille l’a trouvée en parfaite santé en avril dernier.

Avec la tumeur XXV on fit un “extrait de la tumeur même et un autre avec les ganglions : ces deux extraits furent injectés sans résultats à deux lapins qui furent plus lard remis en circulation.

Il s'agissait d’un épithélioma végétant avec de très belles cellules proliférées dans un tissu fibreux abondant.

TUMEURS NON TOXIQUES. so

OBSERV ATION

A. G..., âgée de 39 ans, fut opérée à Beaujon, le 3 avril 1906, pour une tumeur du sein très vascularisée.

La glande enlevée, on enlève aussi les ganglions qui forment une petite chaîne autour de l'artère mammaire externe el du nerf du grand dorsal dont il est difficile de les séparer.

On est obligé de faire un débridement sous-cutané assez étendu pour pouvoir rapprocher les bords de l'incision. Drain. |

: En mai 1909, la malade, qui a laissé ignorer aux locataires voisins qu'elle avait été opérée, refuse de se laisser examiner, mais elle paraît en bonne santé, et assure ne plus penser à son opéralion. Elle est vendeuse, et lève les bras pour atteindre des cartons.

La tumeur XXVI, d'aspect squirrkeux, était un épithélhoma présentant une grosse réaction fibreuse.

L'extrait de cette tumeur ne fut toxique ni pour un lapin, ni pour un ral, même à une dose considérable.

OBSERVATION

A. P..., 33 ans, opérée le9 juin 1906, à l'Hôtel-Dieu, présentait une vérilable mastite cancéreuse qui avail évolué à la suite de l’incision d'une petite masse qui | avait été prise pour un abcès 18 mois auparavant.

Une grossesse intervenue depuis semble avoir encore donné un coup de fouet à la tumeur.

Le mamelon est retracté, il y a de gros paquels gan-

glionnaires dans l’aisselle,

Das UE REP ARE. CRE NS à Fire PR MSA ve

La réunion des bords de l'incision est très laborieuse.

La malade a beaucoup d’albumine dans l'urine, elle est dans ün état de déchéance physique extraordinaire ÿ prostituée alcoolique, actuellement sans domicile. À

Elle meurt à l'Hôtel-Dieu avec d'énormes quantités d’albumine dans les urines deux mois après l'intervention.

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