RÉ ESSAI À PROPOS DE LA CACHEXIE CANCÉREUSE
Pour être dans les meilleures conditions d'expérience,
nous avons injecté à intervalles rapprochés avec des doses très minimes, dont nous déterminions exactement le poids, des animaux. |
Des difficultés insolubles d’ordre materiel se résentent ; il est impossible de compter sur un envoi régulier de tumeurs, d'où découle l’irrégularité des extraits fraîchement préparés.
La conservation des extraits présente des obstacles
sérieux.
De longues manipulations pour les mettre en petits récipients fermés multiplient les causes d'infection des tubes et de putréfaction des extraits.
Il n'est pas possible d'user d’antiseptiques à doses suffisantes pour conserver les extraits pendant des semaines.
Il est également impossible de recourir à la chaleur qui coagule ou détruit les toxines. AUDE
Enfin, considération suffisante, la toxicité des extraits cancéreux est fugace ; elle diminue notablement en quel-
ques heures, et disparaît presque totalement en quelques
Jours.
Nous avons donc été amenée à user d'extraits conservés à Loxicité-diminuée jusqu’à l’arrivée d’une tumeur pouvant donner lieu à la préparation d'un nouvel extrait.
En second lieu nous avons été conduite à user indistinctement, pour les injections en série, d'extraits provenant de l’homme ou de l'animal, ou bien à utiliser des extraits de toxicité très différente pour le même animal en expérience.
Dans ces difficultés résident de nombreuses causes
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d'erreur qui me paraissent quant à présent impossibles à: détruire, à moins d’en arriver à la préparation quotidenne d’ extraits obtenus par le broyage de tumeurs provenant de souris cancéreuses inoculées avec le même néoplasme. Mais si la structure histologique des lésions ainsi obtenues est la même que celle des tumeurs humaines, leur toxicité est certainement fort différente, puisqu'un rat succombe en quelques jours ou peu de semaines à la suite d’une inoculation de la grosseur d’un grain de maïs d’une tumeur humaine où canine ; et qu'il peut vivre avec une tumeur provenant d’un individu de son espèce, quand elle atteint le volume d’un œuf, c’est-à-dire parfois le tiérs du poids de l’animal qui la porte.
Nous avons donc pensé que nous aurions de grandes difficultés pour ne pas intoxiquer trop vite les animaux en expérience, Ou pour ne pas créer d’infeetions secondaires ou de sphacèle avec des injections si rapprochées à des animaux qui ne supportent guère d’être souvent tondus ni lavés. On verra par ce qui suit que les obstacles ne sont pas venues de ce fait. |
Nous nous sommes servie de rats et de lapins habituellement et nous avons pu faire une tentative sur le chien.
1° Rats ayant reçu des extraits cancéreux en série.
Les rats que nous avons ulilisés furent toujours Injectés dans le péritoine, souvent après inoculation préalable d’une tumeur.
Deux d’entre eux succombèrent au cours des expé- = riences, par suite d’une infection secondaire, avec de gros abcès ; il nous faut les mettre hors de cause,