MÉTHODE DES INJECTIONS
Le plus souvent l’injection était pratiquée à des lapins et poussée par une veine périphérique, de l'oreille par exemple.
Mais certains de nos‘animaux reçurent des injections intrapéritonéales, ou sous-cutanées : les résultats en sont consignés à part, à cause de leurs caractères différents.
Pour chaque expérience, j'ai observé rigoureusement de pousser l'injection à une vitesse donnée, en prenant en considération le poids de l'animal en expérience, pour la quantité injectée. :
S'il est nécessaire de pousser l’injection à la même vitesse, il est aussi nécessaire de la faire d’une façon continue, à cause des phénomènes d’accoutumance rapide qui se produisent dans certains cas, et dont nous donnerons le détail dans un chapitre suivant.
Les animaux injectés ont été conservés au laboratoire durant de longues périodes, 6 mois au moins, ce qui m'a permis d'observer nombre de phénomènes tardifs d'intoxication.
Fe TOXICITÉ DES EXTRAITS DE TISSUS k NORMAUX
On peut se demander si la toxicité des extraits de tissus cancéreux est bien en rapport avec leur nature; si ce n'est pas une propriété banale appartenant-à toute substance organique.
Cette objection a d’autant plus d'importance que j'ai injecté des extraits provenant d’une espèce donnée à des animaux d'espèces différentes, il fallut évoquer la question des lysines, pour l’écarter bientôt, cette étude ne pouvant rentrer dans le cadre de ce travail. Mais il est indispensable d'étudier comparativement des organes sains et des organes malades. |
J'ai eu peu de chose à faire ayant trouvé des travaux intéressants el indiscutables datant de 1891. | . Browx-Srquan» et p’ArsoNvaL, désirant agir par des injections intraveineuses d'extraits d'organes, sur des maladies telles’ que le diabète maigre et le myxœdème, firent une série d'expériences pour en démontrer l'innocuité. Leurs extraits étaient préparés par pression des organes entiers. Le suc ainsi obtenu était étendu d’eau distillée et de glycérine, filtré sur papier et uülisé en injections intraveineuses. Il fut démontré que les extraits de pancréas, de foie, de cerveau, sont sans toxicité, l'extrait de rein pouvait être plus toxique, mais À très
… fortes doses.
A la même époque, mon maître, Henri RoGer, dont
28 TOXICITÉ. DES. EXTRAITS DE TISSUS NORMAUX. | la technique m'a paru si boune qu'elle: est devenue la mienne, a publié une série d'expériences que Je pie drai comme base de ce chapitre.
L'auteur à préparé ses extraits par hachage fin et macération dans l’eau salée à 6 par 1000 ; après un pressurage, les liquides ainsi obtenus étaient filtrés et conservés à la glacière. Les plus strictes règles des ax enE été HE ee durant leur préparation.
Les injections étaient poussées par une veine auriculaire à raison de 6 cc. à la minute.
Les extraits de rein et de cerveau n'étaient jamais toxiques à la dose de 14 gr. par kilog. d'animal ; les extraits de foie tuaient en un temps variable à la dose de 15 à 20 gr. par kilog. d'animal. Enfin, les extraits de muscles ne devenaient toxiques qu’à l'énorme dose de 90 à 95 gr. par kilog. d'animal.
Le Prof” Boucnarb, préparant des extraits à chaud, avait démontré en 1887 qu'il fallait injecter 117 gr. d'extraits de foie par kilog. et 216 gr. d'extraits de muscles pour tuer un‘kilogramme de lapin.
On peut conclure que les tissus normaux renferment des substances loxiques, dont la plus active est coagulée par la chaleur, Mais que l’action de ces toxines ne se manifeste qu'après l'injection de doses très élevées d'extraits,
Je crois utile de rapporter ici un tableau que le Prof! H. Roger a bien voulu m'autoriser à reproduire textuellement,
On verra que les doses qui y sont données comme toxiques sont tellement inférieures à celles des extraits cancéreux qu'une confusion dans à résultats est tout à fait impossible,
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