GÉNÉRATION DE L ANGUILLE
Le 5 juillet IS95, je Jisais dans un journal de Paris, l'entretilet J J '
suivant :
“On vient de signaler à la Société d'Acelimatation de France un fait interessant: c'est celui de la capture en pleine mer d'une anguille femelle portant des œufs à maturité. Ainsi se trouve corroborée ane découverte analogue faite en 1S92, par un navire anglais, à 15 milles au large d'Eddystone,
“ Voici done un point d'histoire naturelle tixé.”
[est peu de questions qui aient donné lieu à plus de recherches, d'hypothèses plus où moins absurdes, de controverses fastilicuses que celle de la génération de l'anguille,
‘ Les savaats, écrivait Gesner au seizième siecle, qui ont écrit sur l'origine de l'anguille rappoicent trois opinions, Les uns prétendent que ce poisson prend son origine dans l'humidité du sol; pour d'autres les anguilles se frottant contre le sol détachent de leur corps une matière visqueuse qui se Change en poisson, aucune différence sexuelle n'existant entre ces divers animaux ; pour d'autres encore la multiplication se fait au moyen d'œufs où de petits sortant vivants, car on trouve dans leur corps de nombreux petits animaux de la grosseur d'un fil, et lorsque l'on tue des anguilles âgées on trouve parfois dans elles des petits qui sortent en rampant. Les pêcheurs allemands disent d'ailleurs que les anguilles sont Vivipares à toutes les époques de l'année.”
Certains naturalistes ont métamorphosé des erins de cheval en anguilles. Si l’on excise, écrit Helmont, deux morceaux de gazon imprégnés de la rosée de mai, qu'on les place l'un contre l’autre, sazon
contre gazon, qu'on expose le tout à l'ardeur du soleil, il se produit en quelques heures un grand nombre de petites anguilles.”
Rondelet écrivait en 1558 :* Les anguilles naissent dans la pourriture, conne les vers de terre, ce que l'on prouve par expérience, Car autrefois un ch:val mort estant jesté dans l'estang de Maguelonne, un peu après on 1 \it innumérables anguilles, ce qui ne faut entendre qu’elles naissent seulement de la pourriture d'un cheval, muis aussi des autres bestes é es
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autres pourritures. Aucuns dient que les anguilles s'engendrent de celles qui meurent dr sorte de vieillesse, 6 pourries. Aristote écrit que les anguilles ne s'engendrent point par fraier, qu’elles n’ont point d'œufs, et qu'on n'en trouva jamais une qui ent ou œuf ou semence. Porquoi cette sorte de poisson aiant sang estre engendrée sans œufs et sans fraier, ce que l’on à conçu de ce que aucuns estangs limoieux tout le limon jeté hors, derechef si engendrent des anguilles, s’il ï tombe de la pluie, car en temps sec elles ne peuvent estre engendrées, parcequ'elles vivent de pluies é s'en nourrissent. Il n’y à point donc entre les anguilles de différence de imasle où de femelle. Pour cette différence susdite prise de la teste d'icelles, sera différence d'espèces non pas de sexe. Pline à esté d'autre opinion touchant la naissance des anguilles. Les anguilles, dit-il, se frottent contre les rochers, ceste crasse qui se racle prend vie, éinia autre génération d'icelles. Athénée en écrit ainsi : les anguilles fraient en s'entrebrassant, d'où sort quelque crasse, où humeur gluante, de laquelle tombée au limon l’anguille s’engendre. Oppien n’en escrit ne plus ne moins. Je pense qu'il i a des anguilles qui naissent par le frayer du masle avec la femelle, d'autres qui naissent dans la pourriture.”
Les hypothèses portent souvent en elles les germes, les éléments des sciences purement humaines. Deux auteurs anglais des plus éclairés, Yarrell et Young, se déclarent oviparistes sans avoir pourtant de preuves irréfragables à l'appui de leur théorie, À leur avis, les femelles pondraient une grande quantité d'œufs, extrêmement petits, dans les mois chauds de l'été, parmi le sable et les bancs de gravier des rivières, et ne descendraient pas à l’eau saumâtre pour y frayer. Le frai éclorait aux mois de septembre ou d'octobre et resterait parmi le gravier, dans le même endroit ou aux environs, jusqu'aux mois d'avril ou de mai, suivant le degré de température de l’eau, A raison de leur extrême petitesse les œufs n'auraient pas besoin de plus de trois semaines pour éclore. Valenciennes prétend évalement que languille est ovipare et qu’elle fraie dans la vase des cours d'eau ou près de leur entrée Gans la mer. Au dire des pêcheurs de la basse Seine, ce poisson fraye deux fois l'an, une première fois aux mois de février: mars, et une seconde en septembre : d’autres pécheurs du département d'Eure-et-Loire (France), affirment avoir trouvé des anguilles au printemps, entortillées en pelotons, hors de l'eau, entre des touttes de sazon humide, dans des prairies bourbeuses, la nuit, et surtout par des nuits de rosée et de lune, et que c’est là qu'a lieu la fécondation de ss animaux.
“ Le fait du pelotonnement des anguilles pour le cas de l'aceouplement n'est pas une utopie et peut même précéder le moment où les pécheurs
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10 anquilles nouées enseimle (De la Blanchère ).
Aussi, la théorie ororipuristé eompte également de nombreux et fort respectables partisans.
Des pêcheurs exerçant leur état dans la rivière d'Aigre, près de Châteandun (France), rivière tres limpide roulant au milieu de prairies turbeuses, ont affirmé avoir, plusieurs fois, pris de très grosses anguüilles portent leurs petits dans leur rentre d'où ils sortaient devant eux. Joanni rapporte qu'il tient d'an paysan, qu'une grosse anguille mise entre deux plats, fut trouvée an bout de quelques heures entourée de plus de 200 petites anguilies, blanches et filiformes. Un homme digne de foi, que connais bien, M. Joseph Leroux, du Coteau-du-Lac, comté de Soulanges, ayant déposé, un soir, plusieurs grosses a#nguilles vivantes dans une eavette bien fermée. a tronvé, le lendemain, un grand nombre 4e petits vers blancs de forre ét rt nrge de la lonqueur lui porce au fond du vase : d'autres personnes de Tendroit, témoias du fait, attestent de son exactitude,
Aux veux de Valenciennes ées petits vers blanes sont des ascarides verniculaires, des vers intestinanx. c'est-à-dire des ennemis rongeurs plutôt que des enfants de La prétendue mére anguille. Il peut en être ainsi, mais n'aurait-on pas lieu de croire, avec non moins de plausibilité apparente, que ces grosses anquilles, Si gioutonnes, si voraces auront avalé à pleine gueule, dans leurs nids, bien connus d'elles, dans 4 vase on les fonds de gravier, quelques pelotes de ces petites anguilles vibrvonnaires attendant le développement de leurs forces pour se risquer hors de leur berceau, à l'aventure, et que gorgées outre mesure, elles iront laissé échapper avec leur dernier soupir une partie de leur dernier repas / On sait que l'heure du diner sonnant dans l'estomac d'un poisson eunivore, il ne regarde pas à l'espèce qui lui tombe sous la dent, que les Sens y passent des premiers, <ik sont plus à sa portée que d'autres. fl ne les épargne que lorsqu'il est 4 demi rassassié, Quel est le pêcheur au maskinongé, au brochet, an sauedre. qui, rendu à la maison et vidant son panier de pêche, n'a pas été surpris d'y trouver des pièces d'assez belle tulle, à peine entamées d'un eoup de dent et quelquefois intactes, de la méme espèce que les plus sros qu'il reconnaissait bien, soit pour le plaisir it pour la peine qu'ils In avaient donné en les tirant de l'eau !
Comment ces survenants se tronvaient-ils là à son insu ? Evidemment
Berre ARMRIEERES
ils étaient sortis de l'estomac des poissons de forte taille qui n'avaient pas eu le temps de les digérer. Pourquoi l’anguille dont la boulimie est connue ferait-elle exception à cette règle ? Une grosse anguille doit pouvoir avaler d’une seule bouchée au moins une vingtaine de ses petits embryonnaires, sans les croquer, susceptibles par conséquent de quitter son estomac, à une heure ou deux d'avis, en parfait état de conservation A nos lecteurs de juger si cette supposition ne vaut pas celle des asecrides de Valenciennes.
C'est l'opinion de Chenu et de Desmarets qui m'a le plus frappé, Il: assurent que “l’anguille fraye dans la vase, après une sorte d'uceonpleient. Les «ufs restent réunis ensemble par une sorte de viscosit analogue à celle qui réunit les œufs des perches d'eau douce et forment des petits pelotons où boules bien arrondies: chaque femelle produit annuellement plusieurs de ces boules. Les petits éclosent bientôt, et restent, pendant les premiers jours après leur naissance, réunis dans ces pelotes : quand ils ont atteint 0",04 ou 0",05 de longueur, ils se débarrassent des liens qui les retenaient, et bientôt remontent tous, en bande serrées et excessivement nombreuses, les fleuves et les affluents pres desquels ils se trouvent.”
Nous avons vu que Yarrell et Young, après de censciencieuses recherches faites au scalpel et au microscope, n'ont pu trouver ni œufs ni litanc: dans le corps de l'anguille : mais puisque l'anguille est un poisson, qu'elle naît par conséquent d'un œuf comme tous ses congénères, ils ont émis l’idée qu'elle dépose ses œufs duns les subles et Les graviers du fond des rivières. Les deux auteurs français que je viens de citer remplacent les graviers et les sables par de la vase. Ni les uns ni les autres n'ont vu li forme de ces œufs, et cependant, les premiers nous les représentent comme étant tres petits, et les derniers nous les font voir agglomérés en forine de boules, réunis par une substance gélatineuse quelconque. Ces opinions sont purement gratuites, mais si nous les mettons en doute, où n'a qu'à nous répondre: “ Trouvez mieux et prouvez que nous sommes dans l'erreur.” Chose difficile, il faut l'avouer, puisque les œufs my térieux sont enfouis dans des endroits inaccessibles et restent par conséquent invisibles, insaisissables,
“ Dès la première partie de ce siècle, dit le Dr Sauvage, on avait constaté, nous devons le faire remarquer, que l'anguille à des œufs, mais on croyait cet animal vivipure, si on s'en rapporte à ce qu'en dit Baudrillart : “ Les œufs des anguilles, écrit-il, croissant dans leur corps, ne peuvent être aussi nombreux que ceux de la plupart des autres poissons : mais comme elles en peuvent faire dès leur douzième année et peut-être jusqu'à leur centième, leur multiplication est très considérable : aussi sont-elles extrémement nombreuses dans quelques eaux.”
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“ [lest aujourd'hui bien démontré qu'il y a des anguilles mâles et des anguilles femelles. D'après Émile Moreau, les ovules mâles sont formés d'une enveloppe mince et d’un contenu granuleux ; les ovules femelles, plas gros et mesurant environ deux dixièmes de millimètre, ont une membrane vitelline épaisse, transparente, un vitellus d'aspect granuleux, une vésicule germinative et une tache germinative plus ou moins distinctes : autour de la vésicule germinative sont réunies les granulations vitellines plus ou moins nombreuses.
“ Benecke, Syrski, Packard, Hermes et d’autres naturalistes encore ont étudié, dans ces derniers temps, l'anatomie de l’anguille. Les organes femelles ou ovaires se présentent avec l'aspect de deux cordons de couleur junnâtre où rosée, fortement plissés, situés à droite et à gauche du canal alimentaire, renfermés dans un repli du péritoine et venant s'ouvrir à l'extérieur par un petit pertuis. Ces organes se développent peu à peu, dl telle sorte que chez les animaux jeunes on ne trouve à ieur place que deux masses graisseuses ; pareil fait se remarque, du reste, chez beaucoup d'autres poissons, chez le hareng par exemple. Chez l'animal adulte on trouve des ovules bien développés : le nombre des œufs contenus dans ls deux ovaires a été estimé à environ cinq millions.
“Chez l'anguille mâle on voit à certains moments de l’année deux organes très allongés e& minces également situés de chaque côté du tube digestif et présentant une série de lobules : ces organes se distinguent le ceux de la femelle, non seulement par leur aspect lobé, mais encore par leur apparence luisante, vitreuse et lisse : en plus, le tissu de l'organe est plus ferme, plus résistant, Les lobules de l'organe déversent leur produit dans un canal qui va aboutir à un pore externe semblable à celui que nous avons signalé chez la femelle. Les lobules eux-mêmes se composent d'une série de glandales renfermant des globules granuleux.”
Certains observateurs, comme Jacoby, Syrski et autres prétendent que ls mâles sont toujours de plus grande taille que les femelles : d’autres prétendent le contraire et affirment que les plus grandes anguilles pêchées à Trieste et à Comacchio sont des femelles. On vous dira aussi que les femelles ont le bee plus pointu, plus effilé : certaines gens trouvent aux aiguilles femelles de Comacchio, une couleur plus claire, généralement ue couleur verdâtre sur le dos, une teinte jaunâtre sur les flancs, les miles étant d'un vert foncé tournant au noir + 7 des reflets métalques ; chez les femelles la nagcoire dorsale est plus haute que chez les uinaux de même taille que l'on suppose être des mâles : presque toujours lil est proportionnellement plus grand chez ceux-ci que chez les femelles,
La merveilleuse découverte annoncée par le journal de Paris que j'ai ëté plus haut perd ainsi tout son éclat, à la lumière de la science. Il ne
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nous reste plus vraiment qu'à constater si l’anguille est ovipare où bien vivipare. Cela ne saurait tarder longtemps, grâce aux ressources de l'électricité, aux progrès de la mécanique appliquée à l'exploration du fond de la mer. N’avons-nous pas déjà des scaphandres à air comprimé munis d'un appareil électrique qui permet aux plongeurs d’inspecter le plaines de là mer, pendant douze heures, sans remonter au soleil ? 0 nous promet pour demain le bicyele de l'ablme : nous ferons désormais le plongeon tout comme nous allons courir les champs et les bo aujourd'hui. Quelle délicieuse promenade par les jours de grande chaleur ! Et puis, que de merveilleux paysages ! que de découverte étranges ! que de trésors enfouis retrouvés ! Ici, des navires chargés d'or: là, des monceaux de perles, des pépites d'or, des pierres précieuses éclairant les ténèbres des profondeurs, de tous côtés des poissons curieux à voir et qui n'ont plus de secret pour nous.
Nous irons à l'eau, ma mignonnette,
Nous irons à l'eau, tous deux.
Qu'apprendrons-nous alors sur le compte de languille ? Ni elle et ovipare, je la soupçonne de déposer ses œufs dans les eaux saumâtres sur le seuil même des fleuves où se presse la montée dès le premier printemps Mais alors, pourquoi luisse-t-elle partir ses petits tout seuls ? Car, si tous les automnes, nous voyons les anguilles descendre en masse à la mer jamais nous ne voyons d'adultes remonter les cours d'eau au printemps Est-elle vivipare ? alors J'explique sa disparition par sa mort. Les petites anguilles auront déchiré le ventre de leur mère pour en sortir et l'auront tuée, Cela pourrait avoir un certain air de plausibilité en ce qui concerne les femelles, mais les mâles, va-t-on les voir abimés dans leur deuil at fond de l’abime, expirant de douleur, comme lhirondelle à côté du cadavre de sa bien-aimée ?
Nous irons à l'eau, ma mignonnette,
Nous irons à l'eau, tous deux,
FAN REED he + 9 TL DA ET TP D D EE Ge ES LES
quand « Les me les ont 4 de Breh fils, ren et se dis qu'on à Nous duigen autouin sombres plus qu les Heus savoir s comme descend anguille dans les Je Cr" salée, C juin, pui la temp Janvier, Survi nous l'a comen l'on ren quatre adulte à évaleme rition / suivant facrant
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